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« Ce que rĂ©vĂšle cette pandĂ©mie, c’est qu’il y a des biens et des services qui doivent ĂȘtre placĂ©s en dehors des lois du marchĂ©… » assurait Emmanuel Macron le 12 mars 2020 alors que les citoyens applaudissaient les soignants Ă 20 heures tapantes.
Depuis, le SĂ©gur de la santĂ© est passĂ© par lĂ , laissant nombre de personnels dans l’insatisfaction et la colĂšre. Les derniers mois de 2020 ont montrĂ© que le « quoi qu’il en coĂ»te » promis par le chef de l’Ătat avait ses limites et qu’avec son gouvernement et sa majoritĂ© il entendait poursuivre la cure d’austĂ©ritĂ© en vigueur. Depuis, rien dans la gouvernance des hĂŽpitaux ne remet en cause les lois d’airain de la recherche de compĂ©titivitĂ©. On continue Ă chercher des parts de marchĂ©. L’adoption du projet de loi de finances de la SĂ©curitĂ© sociale 2021 prĂ©voit encore et toujours des Ă©conomies Ă rĂ©aliser dans les Ă©tablissements dĂ©jĂ asphyxiĂ©s, sous dotĂ©s. Et l’objectif national des dĂ©penses d’assurance maladie est toujours Ă un niveau insuffisant pour financer les besoins rĂ©els de la population.
La pandĂ©mie a rĂ©vĂ©lĂ© trĂšs vite les faiblesses, les impasses de notre systĂšme de santĂ©. Mais l’exĂ©cutif en dĂ©pit de ses promesses n’en tire toujours pas les leçons. Alors les questions sociales qu’on ne rĂšgle pas finissent par revenir en boomerang. Il en va ainsi du SĂ©gur de la santĂ© dont on va reparler ces prochains jours. Non pas qu’Olivier VĂ©ran, le ministre de la SantĂ© remette le couvert en ouvrant de nouvelles nĂ©gociations, mais parce qu’au contraire, ce sont les personnels qui se sentent Ă raison oubliĂ©s (et surtout oubliĂ©es au fĂ©minin pluriel) qui vont Ă nouveau se mobiliser.
AprĂšs une journĂ©e d’action le 15 dĂ©cembre marquĂ©e par une grande manifestation Ă Paris, le 21 janvier prochain s’annonce en effet une nouvelle journĂ©e de grĂšve et de mobilisations dans les Ă©tablissements, services de santĂ©, de l’enfance, de la psychiatrie, du handicap, de la prise en charge des personnes ĂągĂ©es, Ă l’appel de la CGT et de SUD.
Dans ces champs du mĂ©dicosocial, trĂšs largement fĂ©minisĂ©s et souvent qualifiĂ©s, l’insatisfaction salariale n’est pas rĂ©cente, mais elle a Ă©tĂ© dĂ©cuplĂ©e par l’annĂ©e que nous venons de vivre avec la pandĂ©mie. En premiĂšre ligne comme les soignants des unitĂ©s Covid, ces travailleurs du care, du prendre soin sont pourtant les oubliĂ©s du SĂ©gur de la santĂ©. Lâinjuste traitement fait aux salariĂ©s de ces Ă©tablissements du mĂ©dico-social suscite la colĂšre et lâindignation des personnels qui se mobilisent pour bĂ©nĂ©ficier eux aussi des 183 euros, tout en revendiquant les 300 euros, au mĂȘme titre que leurs collĂšgues du sanitaire et des Ehpad.
Dans ces Ă©tablissements, les actions se multiplient comme en tĂ©moignent les quotidiens rĂ©gionaux. Au-delĂ de la question salariale, les personnels dĂ©noncent la dĂ©gradation des conditions de travail ainsi que les difficultĂ©s dâaccueil et de prise en charge dans la dignitĂ© de lâensemble de la population. Et sans attendre ce 21 janvier, ce sont les praticiens hospitaliers qui vont ouvrir le bal ce 11 janvier, avec un prĂ©avis de grĂšve illimitĂ© des soins urgents et non urgents dĂ©posĂ© par le SNPHARE et l’AMUF pour l’amĂ©lioration de leurs conditions de travail. Les urgentistes dĂ©noncent notamment les modifications d’Ă©chelon Ă la suite du SĂ©gur de la santĂ© et les revalorisations inĂ©gales de reclassement des praticiens hospitaliers. Si ce n’est pas encore un vaccin, ces mobilisations sont au moins une bonne piqure de rappel…
Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT
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