Déclarations sonnantes mais pas trébuchantes

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Interviewé le 23 août sur France 2, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a invité à “se reposer la question de la meilleure rémunération” afin que la croissance “profite à tout le monde, sans exception, même les plus faibles, même les moins qualifiés, tous ceux qui ont été aux avant-postes de la crise“.

Cette injonction lancée alors qu’allait s’ouvrir le grand raout estival du Medef à Longchamps n’a pas tardé à trouver un écho avec la prédiction de Geoffroy Roux de Bézieux, le patron des patrons, qui entrevoit “forcément” des augmentations de salaires en début d’année prochaine, étant donné les difficultés du recrutement. L’embellie de l’économie française dont le gouvernement fait ses choux gras depuis des semaines pour justifier la fin ces prochains jours du « quoi qu’il en coûte » fait craindre des difficultés de recrutement, particulièrement dans les services, la restauration, l’hôtellerie et le bâtiment. De fait, Geoffroy Roux de Bézieux estime qu'”il y aura forcément des augmentations assez significatives l’année prochaine“.

La semaine commençait donc plutôt bien avec ce pas de deux entre le Medef et le gouvernement qui nous annonçaient quasiment la fin de l’austérité salariale, mais le patron des patrons a vite calmé les esprits en assurant qu’en contrepartie de ces hausses “derrière ce sont les prix qui vont augmenter“.

Sans prendre pour argent comptant ce qui relève de la communication patronale et gouvernementale, on doit quand même se féliciter que la question salariale s’impose à l’agenda de cette rentrée. Et si tel est le cas, c’est bien parce que d’une part le mécontentement salarial est tout aussi prégnant que les inquiétudes pour l’emploi et d’autre part, parce que la faiblesse des salaires est un véritable frein à la reprise tant il est vrai que la consommation des ménages est un carburant économique majeur.

La question salariale ne date pas de la crise sanitaire, elle était déjà posée avec force et pugnacité par les personnels du sanitaire et social par exemple qui revendiquent de longue date la reconnaissance de leurs rôles, de leurs qualifications, essentiels à nos vies. Avec la pandémie et les confinements sont entrés dans la lumière les salariés essentiels de la deuxième ligne à qui patronat et gouvernement ont promis beaucoup avant de faire traîner des discussions toujours pas abouties.

Quant aux fonctionnaires, le point d’indice qui sert de base à leur rémunération est gelé depuis dix ans, ce qui a entraîné un effondrement de leur grille de rémunération. Aujourd’hui, selon la CGT Fonction publique, un cadre A de la Fonction publique embauche à un salaire au SMIC+17 %. Il y a 20 ans il aurait entamé sa carrière avec un salaire au SMIC+47 %. Que ce soit dans le public ou le privé, pour les salariés faiblement qualifiés ou pour les ingénieurs cadres et techniciens, la question salariale est posée. Que l’on parle de salaire minimum ou de reconnaissance des qualifications et des responsabilités, notre pays souffre des politiques salariales imposées par le gouvernement et les directions d’entreprises. Ce n’est donc pas par simple habitude que les syndicats ont mis les salaires au centre des revendications unitaires de cette rentrée avec une première journée nationale de mobilisation interprofessionnelle le 5 octobre, mais bien parce qu’il y a une urgence sociale et économique à augmenter les salaires.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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