Pour en savoir plus
En ce jeudi 5 novembre 2026 la CGT appelle à généraliser la grève pour sortir de l’étau austérité d’un côté et baisse du niveau de vie de l’autre. L’intersyndicale appelle à faire grève pour obtenir notamment :
- L’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale Femmes – Hommes
- L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires et des mesures de revalorisation des carrières de la fonction publique
- L’augmentation du SMIC et de toutes les aides sociales (APL, allocations familiales, bourses étudiantes, RSA…)
Question/réponse : pourquoi faire grève ?
- Est-ce que ma grève est utile ?
Plus il y a de salarié·es et fonctionnaires en grève le même jour, plus rapidement on pourra gagner sur les revendications. Plus il y aura d’ingénieur·es, cadres et technicien·nes en grève, plus on pourra réhabiliter nos qualifications, nos responsabilités et exiger leur reconnaissance y compris par le salaire.
La mobilisation contre la vie chère est massive, mais pour qu’elle paie il faut qu’elle se transforme en grève. C’est un moyen d’imposer nos revendications au patronat et au gouvernement.
- Est-ce que faire grève permet vraiment de gagner des choses ?
Parmi les exemples les plus récents :
- La grève du 15 septembre 2026 de 80 % des travailleurs·ses de l’énergie leur a permis, en quelques jours, de repousser le projet du gouvernement de baisser leur niveau de vie.
- La mobilisation historique contre la réforme des retraites en 2023 a contraint le gouvernement à la suspendre en 2025.
- La grève du 5 décembre 2024 des fonctionnaires contre les 3 jours de carence leur a permis de gagner concrètement le recul du gouvernement sur cette mesure et dans les mois qui ont suivi ils et elles ont pu le mesurer quand ils et elles ont été arrêté·es par leur médecin.
Les lycéen·nes ont réussi, malgré une très forte répression, à se mobiliser massivement et à obtenir de premiers engagements du gouvernement pour leurs conditions d’étude. Le moment est historique, nous pouvons mettre fin à l’austérité dans les services publics et sur nos salaires que nous subissons depuis plus de 30 ans. C’est le moment de nous mobiliser.
Le gouvernement a été contraint de réunir les syndicats de travailleurs·ses pour apporter de premières réponses, mais pour l’instant il ne met pas à l’ordre du jour l’indexation des salaires sur les prix et la hausse du point d’indice qui permettraient de maintenir le niveau de vie des cadres et professions intermédiaires. Le gouvernement attend de voir la réaction des travailleurs·ses et s’ils et elles suivent les syndicats sur leurs revendications. Sans mobilisation collective massive il n’y aura pas de victoire.
- Est-ce que la grève d’un ingénieur·e, cadre et technicien·ne a un poids particulier ?
Notre position dans la production est capitale. Le patronat craint particulièrement les grèves d’ingénieur·es, cadres et technicien·nes car il sait qu’elles peuvent entraîner la grève des autres catégories socio-professionnelles (employé·es, ouvrier·es). Quand un encadrant·e fait grève, cela génère, pour les salarié·es de son équipe, un sentiment de confiance dans le fait de faire grève. Le positionnement de l’encadrant·e est perçu comme un point d’appui qui génère un effet d’entraînement.
- Est-ce que je suis légitime à faire grève avec mon niveau de salaire ?
Nous sommes régulièrement montré·es comme la variable d’ajustement du gouvernement et du patronat :
- Le salaire moyen des cadres et des professions intermédiaires a augmenté de moins de 1 % seulement en euros constants depuis 1996, contre 14 % pour l’ensemble des salarié·es (Insee).
- Le salaire moyen à l’embauche des diplômé·es de licence 3 et de master 2 a perdu respectivement 40 € et 200 € en euros constants entre 1997 et aujourd’hui (Céreq)
- Alors que nous sommes plus diplômé·es que jamais nous sommes déclassé·es : seul·es 45 % des cadres estiment que leur évolution professionnelle est positive (ViaVoice, 2026)
Nous ne sommes pas des “privilégié·es”, à la différence des ultra-riches (millionnaires et milliardaires qui vivent de leur rente et non de leur travail). Nous subissons au même titre que les autres la baisse de notre niveau de vie du fait de l’explosion de l’inflation et de l’absence d’augmentation générale des salaires. C’est le moment de renvoyer aux directions d’entreprise leur responsabilité vis-à-vis du déclassement que nous subissons.
Agir par la grève c’est aussi refuser la mise en opposition stérile entre catégories socioprofessionnelles qui conduit systématiquement à sacrifier les ingés, cadres et techs. Nous avons aussi besoin de défendre notre niveau de vie et de gagner l’indexation des salaires sur les prix. Nous avons besoin de gagner la reconnaissance de nos qualifications par le salaire. Nous avons besoin de gagner l’égalité salariale entre les femmes et les hommes car les femmes professions intermédiaires et cadres subissent des écarts de rémunération plus importants que les autres catégories.
La grève est un moyen d’agir sur le travail et le processus de production. Elle permet de rendre visible notre utilité sociale. Quand on est cadre ou agent·e de maîtrise dans un bureau notre grève peut aussi être visible.
- Est-ce que ce n’est pas plus utile que je donne ma journée de salaire dans une caisse de grève ?
La grève par délégation n’est pas souhaitable car elle laisse à penser qu’il y a des travailleurs·ses dont la grève pèserait plus que celle des autres et leur fait endurer seul·es les conséquences de la grève (notamment sur le déroulement de leur carrière, leur salaire, mais aussi sur leur droit à la retraite).
Si vous avez des difficultés financières (du fait de la perte de salaire et de prime) rapprochez vous de la CGT de votre département de travail et de votre secteur professionnel qui peuvent avoir mis en place des caisses de grève.
- Est-ce que c’est utile de faire grève alors que je vais probablement devoir récupérer le travail les jours d’après ?
La répercussion du travail sur les heures perdues n’est pas autorisée.
Le travail des ingénieur·es, cadres et technicien·nes se fait de moins en moins au travers des collectifs. Une journée d’absence se paie cash en report de travail le lendemain. En plus de ne pas être payé·e, nous devons récupérer la charge de travail. Même si vous ne bloquez pas la production, la ralentir permet de massifier la grève et d’obtenir gain de cause plus vite en rejoignant les autres catégories professionnelles (ouvrier·es, employé·es).
Chaque fois que c’est possible, il faut redonner, collectivement de préférence, à l ‘employeur la responsabilité de la continuité de l‘activité lors de nos absences.
La gestion des temps doit relever de votre autonomie et de l’exercice de vos responsabilités et vous permettre de lisser dans le temps l’activité qui n’a pas été faite.
- Est-ce que faire grève me place en conflit de loyauté vis-à-vis de ma direction ?
Au contraire, faire grève permet d’être aligné·e avec des valeurs, cela permet aussi d’être reconnu dans son travail, de défendre sa responsabilité, son autonomie professionnelle. Vous faites vivre la responsabilité professionnelle au quotidien dans votre travail, vous pouvez la faire vivre également pour un projet social.
- Est-ce que faire grève est utile à la démocratie ?
Faire grève n’est pas générer du chaos. Au contraire, c’est l’expression démocratique des salarié·es. Le droit de grève est un droit démocratique cité dans le préambule de la Constitution française. Le fait de faire grève est un élément de la démocratie qui permet de contrebalancer le pouvoir de la direction.
- Et si je ne participe pas à la grève ?
Si vous ne participez pas à la grève vous pouvez :
- Refuser de remplacer les grévistes
- Ne pas “bricoler” une organisation du travail au risque d’exposer les autres salarié·es à des dangers réels
- Ne pas pénaliser les grévistes au moment de leur entretien d’évaluation professionnelle
Question/réponse : comment faire grève ?
La CGT revient précisément sur les conditions du droit de grève dans le privé et le public.
- Secteur privé : comment participer à une grève nationale ou locale ?
- Secteur privé : qu’est-ce qu’une grève ?
- Secteur privé : la perte de salaire en cas de grève
- Secteur privé : protection du droit de grève
- Secteur public : les règles différentes suivant le statut
- Secteur public : qui peut faire grève ?
- Secteur public : modalités et droit de grève
6 choses à savoir en tant qu’ingé, cadre, tech avant de faire grève dans le cadre d’un appel national et interprofessionnel :
1. On ne peut pas être sanctionné·e pour avoir fait grève
En période de grève, le pouvoir de sanction de l’employeur est levé. Toute attitude discriminante envers les salarié·es qui auraient fait le choix de faire grève est strictement prohibé.
2. Dans le secteur privé, sauf cas spécifiques, il n’y a pas besoin de préavis
Mais il est préférable d’informer l’employeur du début et de votre fin de grève car la direction de l’entreprise vous posera certainement la question. C’est aussi le moment de poser vos revendications avec vos collègues vis-à-vis de l’employeur.
3. On peut débrayer, c’est-à-dire ne faire grève que sur une partie de la journée, une heure ou deux
La retenue sur salaire est proportionnelle à la durée de l’exercice du droit de grève.
Pour les cadres au forfait-jour :
- le décompte de la grève se fait sur une journée ou une demie-journée de grève
- soit en cas de grève d’une durée inférieure à une demie-journée, le décompte se fait selon ce qui est prévu par accord collectif. En l’absence d’accord la retenue opérée doit se réaliser de la même manière que pour les autres absences à partir de votre déclaration (ex. cessation de travail de 10h à 11h30, soit 1h30). Cette déclaration est importante par souci de traçabilité et pour éviter qu’une durée plus importante soit retirée du salaire.
4. On peut faire grève sans qu’il y ait de syndicat dans l’entreprise
Notamment s’il y a un appel national interprofessionnel et c’est le cas actuellement : l’intersyndicale appelle à la grève pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie.
5. Il faut faire attention aux cas particuliers
Pour les travailleurs·ses soumis aux préavis de grève, aux déclarations préalables, aux réquisitions, aux astreintes il est recommandé de vous rapprocher de la CGT de votre secteur professionnel pour obtenir des informations précises sur les conditions de votre droit de grève.
6. La grève est un acte collectif : contactez la CGT !
Y compris à l’occasion d’un appel interprofessionnel à la grève, le syndicat du lieu de travail peut remettre des revendications locales à l’employeur. S’il n’y a pas de syndicat vous pouvez échanger avec vos collègues sur vos revendications. Ne restez pas seul·e, contactez la CGT de votre département de travail et de votre secteur professionnel pour être accompagné·e.