CP : Egalité et transparence salariale

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Dans le cadre de nos Rencontres options sur l’égalité professionnelle, nous publions en exclusivité des résultats de nos baromètres ViaVoice/Secafi 2026. Sexisme ordinaire, inégalités salariales et volonté de sanctions sévères en cas de non-respect des obligations légales en matière d’égalité et de transparence : les ingés, cadres et techs tirent la sonnette d’alarme et portent leurs exigences.

 

Plus de 80% des ingés, cadres et techs sont pour des sanctions sévères en cas de non-respect des obligations en matière d’égalité et de transparence salariale

La lutte contre les inégalités économiques entre femmes et hommes ne semble pas être une priorité pour le gouvernement. Pour cause, ce dernier avait jusqu’au 7 juin 2026 pour transposer dans le droit français la directive européenne sur la transparence salariale, adoptée par le Parlement européen en 2023. Sous prétexte d’un agenda parlementaire trop chargé, la transposition et l’étude du texte à l’Assemblée sont renvoyées “à la fin de l’année”. Le projet de loi présenté le 18 juin 2026 n’est pas à la hauteur des enjeux et vise à satisfaire le patronat qui est vent debout contre la directive transparence salariale. Pourtant, l’égalité professionnelle est loin d’être un détail négligeable. Cette année, les résultats de notre baromètre ViaVoice/Secafi attestent de l’urgence qu’il y a à contraindre les employeurs à payer pour un travail de valeur égale, un salaire égal.

 

Sexisme en entreprise : cadres et professions intermédiaires tirent la sonnette d’alarme

Les résultats issus du baromètre ViaVoice/Secafi sont sans équivoque : le sexisme ordinaire, tout comme les inégalités de traitement et les inégalités salariales, sont encore une réalité trop partagée dans le monde du travail.

> Plus d’une femme cadre sur deux (52%) déclare avoir déjà été témoin et/ou victime de sexisme ordinaire, contre 26% des hommes cadres.

> Plus d’un quart des professions intermédiaires*[1] (27%) déclarent que les hommes et les femmes ne sont pas rémunérés sur les mêmes bases salariales dans leur entreprise/administration.

Pour les femmes de l’encadrement, c’est la double peine :

> 26% des cadres (dont 38% des femmes et seulement 16% des hommes) estiment que les femmes en position d’encadrement subissent des exigences plus fortes que les hommes dans la reconnaissance des responsabilités qu’elles exercent.
Parmi celles-ci sont nommées : la moindre reconnaissance salariale (45%), un moindre accès aux promotions (45%), un moindre droit à l’erreur (44%), une évaluation de leur travail plus sévère (44%), des pressions subies sur leur comportement telles que le fait d’être souriante/aimable (42%).[2]

 

Rémunérations : l’opacité continue de régner en maître 

L’omerta sur les rémunérations profite aux directions : il est plus facile de tirer les rémunérations des femmes vers le bas quand le salaire n’est même pas annoncé lors du processus de recrutement !

> Plus de deux professions intermédiaires sur trois (71 %) déclarent ne pas disposer d’outil sur leur lieu de travail pour savoir si leur salaire est de même niveau que celui de leurs collègues exerçant un poste similaire ou équivalent. 10 % déclarent disposer d’un tel outil et l’utiliser.

> Plus d’un·e cadre sur deux (53 %) estime que les critères de rémunération dans leur entreprise ne sont pas transparents et ne garantissent pas l’égalité de traitement entre collègues ; 22 % estiment que ce n’est pas du tout le cas.

 

Les ingés, cadres et techs prêt·es à demander des comptes à leur employeur

> 80% des cadres et 85% des professions intermédiaires estiment qu’il faut sanctionner plus sévèrement les entreprises et administrations qui refusent d’appliquer les obligations en matière d’égalité et de transparence salariale.

L’Union générale des ingés, cadres et technicien·nes de la CGT revendique une réelle égalité économique et professionnelle entre les femmes et les hommes, car sans ça, il n’y aura aucune égalité tout court ! La transposition de la directive doit être de haut niveau et le Parlement aura la responsabilité de réintégrer les dispositions que le gouvernement a choisi de sous-transposer pour satisfaire le patronat. L’Ugict-CGT appelle donc les travailleur·euses à la plus grande vigilance et à s’organiser collectivement, y compris en menant des actions de groupe pour défendre l’égalité professionnelle. Nous ne pouvons plus attendre, il faut l’égalité maintenant.

 

[1] Les professions intermédiaires représentaient 24,6% des personnes en emploi en France hors Mayotte en 2022 (Insee, 2024)

[2] Ndlr : question à choix multiples

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