5 bonnes raisons de se mobiliser pour nos retraites

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Temps de lecture : 4 minutes

Voici 5 bonnes raisons de participer à la journée de mobilisation pour nos salaires, nos retraites et nos libertés syndicales.

1. Personne ne veut ni ne peut travailler plus longtemps

Lors de sa campagne à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé vouloir passer l’âge légal de la retraite de 62 à 65 ans. Au vu des réactions négatives que cette réforme brutale suscite, le gouvernement envisage d’augmenter la durée de cotisation.

Or, 73% des français·es situent l’âge idéal de départ en retraite à 62 ans ou moins. Ils et elles savent que travailler plus longtemps n’est pas possible :

  • L’espérance de vie en bonne santé était de 63,7 ans pour les hommes et de 64,6 ans pour les femmes en 2019
  • Seuls 38% des personnes de plus de 60 ans sont encore en emploi.

Or, d’après le baromètre annuel de l’Ugict, 1 cadre sur 2 est prêt à se mobiliser pour son salaire ou sa retraite.

 

Le gouvernement veut faire des économies sur les retraites pour justifier les baisses d’impôts accordées aux entreprises

Le gouvernement prétend que le système des retraites va s’effondrer si on n’augmente pas l’âge de la retraite très rapidement. Or le conseil d’orientation des retraites (COR) vient de publier un rapport qui indique qu’aujourd’hui les comptes des retraites sont excédentaires et qu’à long terme les dépenses de retraites seront stables ou en diminution.

Le gouvernement s’empresse de réformer les retraites car il s’est engagé auprès de la commission européenne sur des économies de dépenses publiques. Il cherche d’un côté à supprimer les “impôts de production” des grandes entreprises pour un montant de 10 milliards d’euros, et entend réformer les retraites pour combler un déficit du même montant.

Rappelons qu’en 2021 ce sont 150 milliards d’aides publiques, soit 30 % du budget de l’État qui a été engouffré dans ces dépenses, et alors que les salaires stagnent mais les profits décollent.

 

Macron est prêt à fouler aux pieds la démocratie pour passer sa réforme

Certes, en 2019 le précédent gouvernement Macron avait tenté un passage en force sur sa réforme systémique du système de retraites, mais la mobilisation des travailleurs·ses l’avait fait reculer !

Avant les premières grèves une large majorité de Français·es étaient favorables à la réforme de 2019. Un mois après le début de la mobilisation c’est une majorité de personnes qui s’exprimait contre la réforme. Petit à petit le gouvernement a repoussé l’adoption de son projet et a fini par l’abandonner au moment de la crise sanitaire, alors qu’il avait enclenché le 49-3 pour contraindre le vote  du Parlement.

Il n’y a donc pas de fatalité, la mobilisation peut mettre fin aux projets destructeurs du gouvernement. A la différence de 2019, une écrasante majorité des Français·es se positionne contre la réforme proposée par Emmanuel Macron : 77%  s’exprimaient pour le retrait de cette mesure de son programme en avril 2022

Ce gouvernement ne semble pas très soucieux de la démocratie ou du droit de grève d’ailleurs…

 

De l’argent, il y en a (pour la retraite à 60 ans)

La hausse des recettes allouées aux retraites n’est jamais évoquée comme une solution par le gouvernement qui ne retient que la hausse de l’âge de la retraite ou la baisse du niveau des pensions.

Or la CGT propose un plan de financement de 100 milliards d’euros (4% du PIB) qui permettrait d’assurer la retraite à 60 ans avec 75 % du dernier salaire. On peut faire ça :

  • En revenant au plein emploi (3% de chômage)
  • En augmentant de 1% le salaire moyen
  • En respectant l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

Mais aussi :

  • En luttant contre la fraude aux cotisations sociales (1 à 2 milliards d’euros)
  • En supprimant les exonérations de cotisations sociales qui ont été offertes aux patrons ces dernières années (75 milliards d’euros)
  • En mettant à contribution les dividendes (20 milliards d’euros) et l’épargne salariale et la CSG (10 milliards d’euros)
  • En modulant à la hausse les cotisations sociales des entreprises qui suppriment des emplois (jusqu’à 10 milliards d’euros)

Retraites : ces sources de financement dont le gouvernement ne parle pas

47% des Français·es considèrent que le départ à la retraite doit se faire à 60 ans ou avant et la majorité des cadres est favorable au retour de la retraite à 60 ans.

 

 

La retraite par capitalisation ne sera jamais une solution

Les gouvernements successifs ont provoqué la baisse du niveau des pensions en refusant d’augmenter les ressources allouées aux retraites et en repoussant sans cesse l’âge de départ en retraite.

Ce recul de la retraite par répartition assurée par la mise en commun des cotisations et organisée par la sécurité sociale ouvre un boulevard aux banques et aux assurances qui cherchent à vendre des produits de retraite par capitalisation.

Or la retraite par capitalisation est un système risqué pour celles et ceux qui y ont recours :

  • Les banques et les assurances proposent des systèmes à cotisations définies et non à prestations définies (comme notre système actuel), cela signifie qu’on sait ce qu’on cotise mais on ne sait pas ce qu’on perçoit une fois à la retraite
  • Les banques et les assurances sont incapables de garantir le niveau minimal de prestation que nous offre actuellement le système par répartition
  • sur les marchés financiers il y a des comportements collectifs qui génèrent des bulles, puis des crises, ce sont les retraité·e·s qui ont capitalisé qui en payent le prix !
  • les gestionnaires d’actifs de retraites ont des pratiques de plus en plus court-termistes en raison des modalités d’évaluation de leurs performances

En défendant notre système de retraite on s’assure une retraite solidaire qui vise à maintenir notre niveau de vie au moment du passage à la retraite.

Capitalisation vs/ répartition : le vrai match de cette réforme

 


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Une réaction

  1. Grand merci aux militantes et aux militants de l’UGICT pour leur ténacité et l’excellence de leurs analyses.
    Danielle G ( PCF Pertuis)

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