[Podcast Ép. 35] Billet 🔊 : G7 Finances : tout ça pour ça

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D’abord prĂ©sentĂ©e comme une rĂ©volution, l’ambition affichĂ©e samedi 5 juin, par les ministres des Finances du G7 d’instaurer « un impĂ´t minimum mondial d’au moins 15 %, appliquĂ© pays par pays Â», ne rĂ©siste guère Ă  l’examen.

 

PrĂ©sentĂ©e comme une « avancĂ©e historique  Â», elle est dĂ©jĂ , faut-il le rappeler, infĂ©rieure Ă  la proposition du nouveau prĂ©sident des États-Unis, puisque Joe Biden proposait un taux de 21 %. Et elle aussi, très Ă©loignĂ©e du taux français de l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s (le taux normal de l’IS est de 26,5 %, et de 27,5 % pour les entreprises ayant rĂ©alisĂ© un chiffre d’affaires supĂ©rieur ou Ă©gal Ă  250 millions d’euros.

Cet objectif annoncĂ© d’un taux de 15 % est bien en-dessous des montants auxquels les pays du G7 imposent eux-mĂŞmes les entreprises sur leurs territoires. Cette annonce ne met pas un point final au dumping fiscal, en particulier au sein de l’Union europĂ©enne, qui conduit aĚ€ une baisse rĂ©gulière du taux de cet impĂ´t dans les diffĂ©rents États. Ainsi, la France va-t-elle descendre Ă  un taux unique de 25 % en 2022.

Et tout ça va nous rapporter quoi ? Pour notre pays par exemple, selon les calculs d’Attac « le bĂ©nĂ©fice Ă  attendre de cette mesure est marginal Ă  court terme : il atteindrait 2,5 Ă 
4 milliards d’euros au maximum en France, contre 16 milliards avec un taux de 21 % 
 Â».

Plus qu’une mise en coupe rĂ©glĂ©e des multinationales, l’accord du G7 Finances apparaĂ®t plutĂ´t comme une solution politique et diplomatique au dĂ©saccord persistant entre les États-Unis et l’Europe sur la taxation des Google, Apple, Facebook, Amazon, et Microsoft. « Après 4 ans de combat, un accord historique a Ă©tĂ© trouvĂ© avec les États membres du G7 sur la taxation minimale sur les entreprises et sur les gĂ©ants du numĂ©rique. La France peut ĂŞtre fière !  Â», a ainsi tweetĂ© Bruno Le Maire.

Le locataire de Bercy se pousse un peu du col et il a le cocorico facile, oubliant le rĂ´le dĂ©terminant jouĂ© dans cette bataille par le changement de la doctrine amĂ©ricaine et la proposition de Joe Biden. Et si l’on doit se fĂ©liciter de quelque chose, c’est d’ĂŞtre sorti de l’ère Trump qui bloquait toute avancĂ©e.

Cet accord est sans aucun doute aussi une prise d’acte des dirigeants libĂ©raux confrontĂ©s Ă  des opinions publiques de plus en plus exaspĂ©rĂ©es par l’injustice fiscale. ObligĂ©s de bouger sur cette question, les dirigeants libĂ©raux ont Ă©tĂ© contraints de faire un geste. 10 % de plus, soit 25 % sur l’ensemble des bĂ©nĂ©fices, serait une avancĂ©e dĂ©cisive pour combattre le dumping fiscal, mais aussi pour financer les plans de redressement des Ă©conomies mises Ă  mal par la crise sanitaire, rĂ©pondre aux enjeux sociaux, environnementaux auxquels nos pays sont confrontĂ©s.

Le redĂ©marrage de l’activitĂ© Ă©conomique passera par la mobilisation d’énormes quantitĂ©s d’argent public, et s’il est un enseignement de cette crise sanitaire, c’est que rarement comme aujourd’hui, les services publics sont apparus plus indispensables Ă  nos vies.

Les besoins sont immenses et appellent à une révolution fiscale.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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