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Si on a bien gagnĂ© une chose depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, c’est bien de ne plus trop voir ou entendre pĂ©rorer des experts et dĂ©cideurs nĂ©olibĂ©raux nous expliquer le trop d’Ătat, le trop de fonctionnaires.
La crise sanitaire aura au moins eu comme effet de dĂ©montrer notamment l’importance du service public dans de telles situations, mais elle en a surtout montrĂ© les fragilitĂ©s. Elle a mis en lumiĂšre les sous-effectifs catastrophiques des Ă©tablissements de santeÌ, mais aussi montrĂ© combien l’ensemble des services de l’Ătat et des collectivitĂ©s sont sous-dotĂ©s. C’est vrai par exemple dans l’Ă©ducation et l’enseignement supĂ©rieur, dans la recherche, mais ça l’est tout autant dans les services fiscaux, les services de secours et d’incendie et dans un grand nombre de secteurs mis aÌ mal par les politiques dâaustĂ©ritĂ©Ì successives. Dans des pans entiers des trois versants de la fonction publique, les pĂ©nuries d’emploi fragilisent les missions et mettent en danger les populations.
 Pour autant, si « l’exĂ©cutif et sa majoritĂ© parlementaire ont Ă©tĂ© obligĂ©s Ă quelques concessions et inflexions dans les derniers mois, on est encore trĂšs loin du tournant nĂ©cessaire en particulier dans le domaine de l’emploi public », tempĂšrent et s’inquiĂštent les fĂ©dĂ©rations syndicales CGT des fonctionnaires de l’Ătat, des collectivitĂ©s territoriales, et des hospitaliers. Elles se sont lancĂ©es depuis plusieurs semaines dans une campagne des « 10 % pour la fonction publique » dont l’un des trois piliers est de revendiquer la crĂ©ation de 500 000 emplois.
 Alors que frappe une crise sociale et Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent avec ses cortĂšges de PSE, de faillites annoncĂ©es, cette exigence de crĂ©ation d’emplois publics pourrait sembler vaine et hors-sol si elle n’Ă©tait pas ancrĂ©e sur la rĂ©alitĂ© du mal travail qui domine dans la fonction publique comme l’a montrĂ© le dernier baromĂštre de la CGT de l’encadrement en dĂ©cembre dernier. Il rĂ©vĂ©lait ainsi que 55 % des techniciens et professions intermĂ©diaires de la fonction publique « estiment ne pas pouvoir faire un travail de qualité⊠ConsĂ©quence directe des suppressions de postes dans la fonction publique, derriĂšre ce chiffre se cache la maltraitance institutionnelle et le fossĂ© entre les missions de service public et la capacitĂ© des agents Ă les rendre effectives », analysait l’Ugict-CGT. Un fossĂ© qui se traduit Ă l’hĂŽpital par exemple par une fuite des personnels Ă©cĆurĂ©s et Ă©puisĂ©s par les conditions de travail.
 Selon une Ă©tude de lâInsee, certains des plus importants services publics s’Ă©taient rĂ©vĂ©lĂ©s deux fois plus efficaces que les prestations monĂ©taires (la redistribution) pour rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s lors de la crise de 2008. DĂšs lors, il serait illusoire et suicidaire de prĂ©tendre sortir par le haut de la crise actuelle en faisant payer la dette Covid par une nouvelle rĂ©duction drastique de l’emploi public.
Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT
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