[Podcast Ép. 26] Billet 🔊 : L’emploi public : levier de sortie de crise

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Si on a bien gagnĂ© une chose depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, c’est bien de ne plus trop voir ou entendre pĂ©rorer des experts et dĂ©cideurs nĂ©olibĂ©raux nous expliquer le trop d’État, le trop de fonctionnaires.

 

 

La crise sanitaire aura au moins eu comme effet de dĂ©montrer notamment l’importance du service public dans de telles situations, mais elle en a surtout montrĂ© les fragilitĂ©s. Elle a mis en lumiĂšre les sous-effectifs catastrophiques des Ă©tablissements de santé, mais aussi montrĂ© combien l’ensemble des services de l’État et des collectivitĂ©s sont sous-dotĂ©s. C’est vrai par exemple dans l’Ă©ducation et l’enseignement supĂ©rieur, dans la recherche, mais ça l’est tout autant dans les services fiscaux, les services de secours et d’incendie et dans un grand nombre de secteurs mis à mal par les politiques d’austĂ©ritĂ©Ì successives. Dans des pans entiers des trois versants de la fonction publique, les pĂ©nuries d’emploi fragilisent les missions et mettent en danger les populations.

 Pour autant, si « l’exĂ©cutif et sa majoritĂ© parlementaire ont Ă©tĂ© obligĂ©s Ă  quelques concessions et inflexions dans les derniers mois, on est encore trĂšs loin du tournant nĂ©cessaire en particulier dans le domaine de l’emploi public  Â», tempĂšrent et s’inquiĂštent les fĂ©dĂ©rations syndicales CGT des fonctionnaires de l’État, des collectivitĂ©s territoriales, et des hospitaliers. Elles se sont lancĂ©es depuis plusieurs semaines dans une campagne des « 10 % pour la fonction publique Â» dont l’un des trois piliers est de revendiquer la crĂ©ation de 500 000 emplois.

 Alors que frappe une crise sociale et Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent avec ses cortĂšges de PSE, de faillites annoncĂ©es, cette exigence de crĂ©ation d’emplois publics pourrait sembler vaine et hors-sol si elle n’Ă©tait pas ancrĂ©e sur la rĂ©alitĂ© du mal travail qui domine dans la fonction publique comme l’a montrĂ© le dernier baromĂštre de la CGT de l’encadrement en dĂ©cembre dernier. Il rĂ©vĂ©lait ainsi que  55 % des techniciens et professions intermĂ©diaires de la fonction publique « estiment ne pas pouvoir faire un travail de qualité  ConsĂ©quence directe des suppressions de postes dans la fonction publique, derriĂšre ce chiffre se cache la maltraitance institutionnelle et le fossĂ© entre les missions de service public et la capacitĂ© des agents Ă  les rendre effectives Â», analysait l’Ugict-CGT. Un fossĂ© qui se traduit Ă  l’hĂŽpital par exemple par une fuite des personnels Ă©cƓurĂ©s et Ă©puisĂ©s par les conditions de travail.

 Selon une Ă©tude de l’Insee, certains des plus importants services publics s’Ă©taient rĂ©vĂ©lĂ©s deux fois plus efficaces que les prestations monĂ©taires (la redistribution) pour rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s lors de la crise de 2008. DĂšs lors, il serait illusoire et suicidaire de prĂ©tendre sortir par le haut de la crise actuelle en faisant payer la dette Covid par une nouvelle rĂ©duction drastique de l’emploi public.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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