[Podcast Ép. 23] Billet 🔊 : Quoi qu’il en coĂ»te : Borne prĂ©sente l’addition aux chĂ´meurs

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L’irruption jeudi 4 mars des intermittent.es au théâtre de l’OdĂ©on et son occupation par plusieurs dizaines d’entre eux depuis plusieurs jours marque un anniversaire douloureux. Elle est aussi tout un symbole si l’on se souvient que le théâtre a Ă©tĂ© occupĂ© en mai 68, et lors de prĂ©cĂ©dentes mobilisations en 1996 et 2016.

 

 

Cela fera un an dans quelques jours que notre pays est entrĂ© dans son premier confinement…
Un an dĂ©jĂ  que les artistes, technicien.nes intermittent.es du spectacle ne peuvent plus exercer leur mĂ©tier. Leur mobilisation a contraint le gouvernement Ă  de premiers reculs en 2020, notamment en dĂ©crĂ©tant une annĂ©e blanche permettant un relatif maintien de l’indemnisation.

Mais les atermoiements de l’ÉlysĂ©e et Matignon quant Ă  la rĂ©ouverture des lieux de spectacle et les silences quant au prolongement de l’annĂ©e blanche au-delĂ  d’aoĂ»t prochain pour l’indemnisation, ont fait Ă©clater la colère des intermittent.es. D’autant que deux jours plus tĂ´t, la ministre du Travail Élisabeth Borne annonçait la mise en Ĺ“uvre de la rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage au 1er juillet, dont l’objectif est de rĂ©aliser des Ă©conomies sur le dos des plus prĂ©caires, notamment des secteurs les plus touchĂ©s par les mesures gouvernementales liĂ©es Ă  la pandĂ©mie.

Et parce que ce gouvernement est profondĂ©ment antisocial, il diffère d’un an, en septembre 2022, les mesures de « bonus-malus Â» de modulation des cotisations patronales. Tandis que « selon un indicateur “de retour Ă  meilleure fortune” , montrant une baisse du chĂ´mage, deux autres mesures violentes pourraient entrer en vigueur de façon “automatique”  Â», fustige la CGT en Ă©voquant la hausse du seuil d’accès aux allocations (de 4 Ă  6 mois travaillĂ©s au cours des 24 derniers mois hors pĂ©riode de pandĂ©mie) et dĂ©gressivitĂ© pour les cadres (au 9e mois au lieu du 7e mois de chĂ´mage comme prĂ©vu initialement dans le projet de rĂ©forme).

Cette rĂ©forme, condamnĂ©e par toutes les organisations syndicales, a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©cornĂ©e par un jugement du Conseil d’État obtenu par la CGT en novembre qui a annulĂ© la rĂ©forme du mode de calcul de l’indemnisation journalière et donc de l’allocation. Mais Ă  l’Ă©vidence, le gouvernement veut passer en force au mĂ©pris du dialogue social, en totale dĂ©connexion avec la rĂ©alitĂ© vĂ©cue et subie par les travailleurs.euses.

Que dans la mĂŞme semaine Élisabeth Borne passe en force le 2 mars et que Roselyne Bachelot se prĂ©cipite le 6 mars au soir pour rencontrer les intermittent.es occupant l’OdĂ©on, n’est pas vĂ©ritablement surprenant. Le gouvernement joue comme dans une mauvaise sĂ©rie B Ă  « Good cop/Bad cop Â». L’une cogne, l’autre vient distribuer de bonnes paroles.

Mais les intermittent.es ne se laissent pas bercer de mots. Ils et elles exigent des actes : « Nous avons Ă©changé avec Roselyne Bachelot, posĂ© nos revendications, en insistant sur le fait qu’elles portaient sur l’ensemble des travailleurs prĂ©caires et des chĂ´meurs. Nous poursuivons l’occupation dans l’attente de rĂ©ponses concrètes Â», assurent-ils. Ainsi donc les intermittent.es ne s’isolent pas du reste des travailleurs.euses privĂ©.es d’emploi ou menacĂ©.es de chĂ´mage.

Parce qu’ils et elles dĂ©fendent notre modèle culturel et notre protection sociale solidaire, leur combat est le nĂ´tre.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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