Dossier de presse : opinions et attentes des cadres 2021

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Temps de lecture : 4 minutes

8ème édition du baromètre annuel Ugict-CGT / SECAFI

Les cadres veulent travailler et vivre autrement

Après avoir été sur-sollicités durant la crise sanitaire pour maintenir les objectifs et le niveau d’activité dans leur entreprise ou leur administration, les cadres aspirent à travailler et vivre autrement. Ils et elles souhaitent une meilleure articulation des temps et veulent reprendre la main sur le sens et la finalité de leur travail, quitte à devoir affirmer des désaccords avec leur direction. Lucides sur les marges manœuvres, les cadres sont une majorité à se déclarer favorable au retour de la retraite à 60 ans.

Emergence de nouvelles attentes pour promouvoir les questions sociales et environnementales

Dans un contexte de manque de reconnaissance salariale pour plus d’un cadre sur deux, et

d’une évaluation individuelle qui manque de transparence et n’est pas fondée sur les bons critères pour les deux tiers des cadres, ils et elles sont une majorité à souhaiter disposer de nouveaux droits d’intervention pour pouvoir faire primer leur éthique professionnelle

  • 48 % des cadres (vs 27 % d’avis contraires) souhaitent disposer de droits d’intervention sur les stratégies et pratiques de leur entreprise en matière environnementale et sociale.
  • 53 % des cadres disent que les choix et pratiques de leur entreprise entre régulièrement en contradiction avec leur éthique professionnelle (51 % dans le privé et 59 % dans la fonction publique)
  • 59 % des cadres à disposer d’un droit d’alerte dans le cadre de l’exercice des responsabilités, avec de pouvoir refuser de mettre en œuvre une directive contraire à son éthique.

Un débordement de la vie professionnelle sur la vie privée caractérisé : l’urgence d’un droit à la déconnection effectif

  • 54 % des cadres déclarent travailler pendant leurs jours de repos
  • 38 % déclarent travailler plus de 45 heures hebdomadaires
  • 65 % aspirent à un droit à la déconnexion effectif afin de préserver sa santé et son équilibre vie privée – vie professionnelle.

Les cadres appartiennent à la catégorie socio professionnelle dont la durée du temps de travail augmente le plus notamment du fait des forfaits jours qui concernent 50 % des cadres. Alors que ce régime unique en Europe vient d’être condamné par le Comité Européen des Droits Sociaux pour la 4e fois, l’Ugict-CGT appelle le gouvernement à respecter le droit européen et à mettre fin aux forfaits jours sans décompte horaire. L’Ugict-CGT appelle ses organisations et les salarié.e.s à se saisir de cette décision pour faire annuler les accords collectifs et conventions individuelles de forfaits jours qui ne garantissent pas le respect des durées de travail et de repos.La transposition de l’accord européen sur le numérique doit être l’occasion de garantir l’effectivité du droit à la déconnexion et d’apporter les réponses nécessaires en réinterrogeant les organisations du travail, le mode de management (délai de plus en plus court, objectifs de plus en plus déconnectés de la réalité), la charge de travail et son évaluation au regard des moyens dont on dispose.

Les cadres refusent que le télétravail soit instrumentalisé pour généraliser le flex office et fragiliser le management de proximité

Le déploiement du télétravail modifie en profondeur les conditions de travail des cadres. S’il répond à leur aspiration d’une meilleure articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, il est aussi instrumentalisé par le patronat pour optimiser les coûts, mettre sous pression le management de proximité et individualiser les relations de travail. Des pratiques condamnées par les cadres :

  • 56 % des cadres pensent que le télétravail n’est pas assez encadré et 68 % qu’il ne protège pas des durées excessives de travail
  • 55 % (vs 21 % d’avis contraires) sont opposés à la disparition des bureaux attitrés et au développement du flex office.
  • 70 % souhaitent plus de latitude pour le management de proximité
  • 53 % veulent une réduction du contrôle et du reporting Ces éléments confirment l’urgence d’un encadrement du télétravail. Il s’agit de sortir des organisations du travail maltraitantes bâties sur la flexibilité, l’individualisation du travail, les injonctions à l’autonomie tout en gardant le contrôle. Il y a urgence àrevoir les pratiques managériales afin de valoriser le « bien travailler » et de concevoir des solutions organisationnelles partagées pour gagner l’engagement des équipes. C’est tout le sens de doter le management d’autonomie et de moyens supplémentaires.

Retraite : les cadres envoient un message aux candidats à l’élection présidentielle 

  • 50 % des cadres souhaitent une réforme des retraites qui rétablisse l’âge de départ à 60 ans (avec des départs anticipés pour pénibilité).
  • 79 % des cadres souhaitent une pension au moins égale à 75 % du salaire en fin de carrière.
  • 48 % des cadres souhaitent un financement en partie par une augmentation de la part patronale des cotisations (28 % ne le souhaitent pas).

Les cadres sont lucides sur les objectifs de la réforme et savent que les marges de manœuvres existent pour améliorer le système existant.

L’Ugict-CGT revendique pour l’encadrement des droits nouveaux pour renforcer la sécurisation professionnelle, assurer la reconnaissance professionnelle, et reconnaître le rôle contributif de l’encadrement dans la définition de la stratégie des entreprises et administrations.

 

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