Pour en savoir plus
L’édition 2026 du baromètre “Opinions et attentes des cadres” montre des cadres très préoccupés par le niveau de leur salaire, mais prêts à se mobiliser collectivement. Impact de la montée des conflits mondiaux, opinion de la réforme des ruptures conventionnelles, salaires et égalité professionnelle : retrouvez tous les résultats du baromètre dans notre dossier presse.
Rentrée sociale, les cadres ont raison d’être en colère
Explosion des prix du carburant, du gaz, de l’alimentation, recul des salaires, gel du point d’indice, réduction des droits au chômage suite à une rupture conventionnelle, menaces de gel des pensions de retraites de plus de 2034 €, etc. Après un été éprouvant, les cadres ont raison d’être en colère en cette rentrée 2026.
Présenté·es comme “aisé·es” dans le débat sur les retraites, leurs revendications salariales ont été balayées d’un revers de main par un patronat hilare aux rencontres du Medef. Et désormais le gouvernement exige qu’ils et elles se serrent la ceinture en lieu et place des actionnaires qui tirent une nouvelle fois leur épingle du jeu dans une France championne d’Europe du versement des dividendes.
Leur salaire, une priorité
Pour la première fois en 10 ans de sondages le salaire est en tête des priorités des cadres dans leur vie professionnelle, à égalité avec l’équilibre vie professionnelle-personnelle. Pour 70 % d’entre elles et eux c’est une priorité (+ 5 points par rapport à 2025, + 18 points par rapport à 2016).
Les cadres estiment que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur (implication, temps de travail réel, responsabilité, qualification) et pour plus de ⅔ (72 %) ils indiquent que les décisions salariales de ces derniers mois n’ont pas permis d’amortir la hausse du coût de la vie. La situation est pire dans la fonction publique.
Face au sponsoring aberrant des primes non-cotisées et de l’épargne salariale comme seul moyen d’augmenter la rémunération des cadres, ils et elles plébiscitent les augmentations de salaire (collective – 82 % – et individuelle – 87 %) pour garantir la hausse de leur pouvoir d’achat.
Le gouvernement doit revenir sur son projet de budget d’austérité et l’ensemble des salaires – y compris ceux des cadres – doivent être augmentés dans les entreprises et dans les branches.
L’Ugict appelle les agent·es de catégorie A de la fonction publique à se mobiliser dans la grève à l’appel de l’intersyndicale le 29 septembre 2026, et l’ensemble des cadres des entreprises privées à se mobiliser pour gagner des hausses de salaire.
Alors que le gouvernement n’a toujours pas inscrit le projet de loi de transposition de la directive sur la transparence salariale au calendrier parlementaire et veut en amoindrir la portée, 80 % des cadres sont favorables au fait de sanctionner plus sévèrement les entreprises et administrations qui refusent d’appliquer les obligations en matière d’égalité et de transparence entre homme et femme.
L’Ugict note très positivement la confiance grandissante des cadres dans les syndicats et dans l’action collective.
- 36 % d’entre eux estiment désormais que la CGT est efficace pour défendre leurs intérêts (+ 3 points par rapport à 2025, +16 points par rapport à 2016).
- Les cadres sont prêt·es à agir collectivement contre le recul de leurs droits au chômage suite à une rupture conventionnelle qu’ils considèrent à 40 % être un licenciement déguisé.
- Face à la fuite en avant guerrière alimentée par les gouvernements d’extrême-droite, ils et elles se disent à 56 % prêt·es à agir si leur entreprise leur demandait de produire des biens/services qui alimentent les conflits dans le monde.
L’Ugict appelle les cadres à transformer leur colère légitime en action collective et à s’organiser dans la CGT pour défendre leurs droits au travail et dans la vie.