Appli StopCovid : l’extension liberticide

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Avec cette appli qui sera disponible dans quelques jours, le gouvernement profite de la situation sanitaire et de sa loi sur l’état d’urgence pour étendre sa politique de remise en cause des libertés.

Force est de constater qu’à chaque fois, il n’y a ni évaluation sur les effets attendus, ni retour en arrière sur chaque mesure liberticide. Ainsi, malgré les mesures attentatoires aux libertés prises depuis 15 ans dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les actes terroristes sont passés de 2 000 à 15 000 dans le monde et le nombre de victimes a été multiplié par neuf, sans épargner la France.

Avec cette appli StopCovid, le gouvernement recherche une béquille pour masquer ses insuffisances sur la lutte contre la pandémie. Les personnels soignants premiers de corvées, et la population qui a accepté le confinement devant l’impréparation du gouvernement, sont les vrais acteurs du recul de l’épidémie dans le pays. Ce dernier gadget techno-libéral StopCovid a pour objet d’entretenir une diversion, au moment où l’opinion publique s’inquiète des insuffisances criantes en moyens humains et matériels du service de santé public français (tests, masques, etc.).

L’argument avancé sur la base du volontariat n’est pas recevable. L’appli StopCovid concerne tout le monde, malades et valides, et s’ajoute aux dispositifs déjà existants. Ce nouvel accès aux données de santé participe à l’accumulation de données individuelles. Les possibilités de croisement et de traitement de ces données par les systèmes I.A. composés d’algorithmes opaques, représentent un danger majeur pour notre démocratie et l’égalité. Derrière les propos qui se veulent rassurants, les zones d’ombres demeurent : où seront hébergées les données ? Par qui ? Quel usage en sera fait ? Quid des failles de sécurité ? Quelles garanties sur l’absence de traitement croisé avec les autres fichiers SIDEP et Contact Covid ? Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement l’entièreté du code StopCovid n’est pas disponible, et les parlementaires n’ont pas connaissance du contenu du décret.

En jouant sur la peur sanitaire, la collecte et l’utilisation de données personnelles relevant du secret médical peut conduire :

  • À des conséquences graves en termes de discriminations pour l’emploi, le logement, l’accès aux assurances et aux prêts bancaires, etc…
  • À des dérives comme l’influence de masse, à l’instar de l’expression démocratique (élections présidentielles américaines de 2016, référendum sur le Brexit) dans l’affaire Cambridge Analytica et à leur exploitation économique via les sites marchands et les GAFAM.

L’inefficacité de ce type d’application est établie comme en témoigne les échecs en Islande, en Australie et à Singapour. Plus près de nous, l’Allemagne et la Suisse ont abandonné le projet. Pour reprendre les propos du 1er Ministre, si « protéger, tester, isoler » est la priorité du gouvernement, cela nécessite que les masques et les tests soient disponibles. Il serait plus opportun de concevoir une application permettant de trouver les tests et dispositifs de protection au plus proche de son domicile à prix abordable qu’une « crécelle numérique de traçage ».

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