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État des lieux
Alors que la proportion d’Ictam augmente dans le salariat, leurs garanties collectives sont attaquées par le patronat et les différents gouvernements successifs.
Pourtant, des garanties collectives associées à la qualification, reconnue par la formation initiale, la formation en cours de carrière et/ou l’expérience acquise, servent à l’ensemble des travailleur·ses, y compris les ouvrier·es et employé·es.
Malgré l’ANI encadrement gagné en 2021, définissant trois critères (qualifications, autonomie et responsabilité) la spécificité des Ictam est associée à de plus en plus de reculs :
- Mise en place des forfaits en jours automatique
- De moins en moins de droits associés à la place des Ictam dans le processus de production
- Le recours à la polyvalence et au transfert des tâches.
L’attaque initiée dans la métallurgie sur les qualifications dans les classifications a des conséquences sur l’ensemble des secteurs professionnels : disparition de la mention des diplômes dans les classifications, disparition des classifications basées sur des positions hiérarchiques, réduction des cadres aux cadres encadrant·es, division binaire du salariat entre cadre et non-cadre, recul de la reconnaissance de l’expérience acquise associée notamment à l’ancienneté.
La situation des professions intermédiaires est alarmante :
- La mobilité ascendante pour passer de la catégorie intermédiaire à la catégorie cadre est de moins en moins ouverte et de plus en plus conditionnée au fait d’accepter un parcours d’encadrant·e
- Des jeunes diplômé·es de bac+5 sont embauché·es sur des postes et avec des niveaux de salaire ou de traitements inférieurs à leur qualification.
Dans la fonction publique, les taux de promotion entre catégorie B et A sont insuffisants. Les inégalités s’accentuent entre cadres d’expertise et cadres d’encadrement, avec une dévalorisation de la fonction de cadre d’expertise tant dans les promotions, les mobilités, que les rémunérations (régimes indemnitaires).
Enjeux et stratégies syndicales
Le patronat cherche à bénéficier des qualifications en hausse, sans pour autant les rémunérer.
Il s’organise pour :
- Dénigrer la qualité de formation initiale dispensée par le service public afin de la faire remplacer par des formations privées, à sa main, qui seraient financées par la dépense publique et de la formation professionnelle.
- Ne plus reconnaître la qualification à l’embauche et tout au long de la carrière en faisant débuter la rémunération au niveau du Smic
- Écarter les techniciens et professions intermédiaires des bénéfices du statut de l’encadrement (prévoyance, Apec).
- Multiplier les tentatives de régressions par les négociations de classifications, en changeant de philosophie avec le passage du métier (Parodi) aux critères classants (compétences), dans les branches et à faire négocier les classifications dans les entreprises qui assurent le pesage des postes.
- Dans la fonction publique, l’austérité salariale imposée depuis plus de dix ans conduit à accentuer le critère de « management » pour l’évolution des fonctionnaires et contractuel·les tout en actant le recul du contrôle des représentant·es du personnel sur les déroulements de carrière.
Le gouvernement pousse la dynamique de négociation des classifications en accompagnant la posture patronale de liquidation de la reconnaissance des qualifications.
Orientations sur le mandat
En opposition aux discours patronaux visant à imposer les notions de compétence et d’employabilité, l’Ugict-CGT s’emparera de la multiplication des négociations sur les classifications pour faire en sorte que les organisations de la CGT portent nos revendications de reconnaissance des qualifications, y compris dans le contexte de revalorisation des métiers à prédominance féminine et d’émergence de nouveaux métiers liés au numérique et à la transition écologique.
L’Ugict-CGT portera plus spécifiquement les enjeux de reconnaissance des qualifications relatifs aux professions techniciennes et intermédiaires afin de lutter contre leur invisibilisation au sein du salariat.
Pour cela nous porterons la construction collective de parcours professionnels, via des accords qui garantissent l’accès à la formation, à la promotion, et à la reconnaissance des qualifications, et des indicateurs de suivi mis en place dans les entreprises et les branches.
Actions, méthodes, outils
Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :
- D’agir au sein de l’Apec pour améliorer la prise en compte des enjeux relatifs aux assimilé·es cadres et communiquer largement autour des activités de la commission Apec chargée de la qualification des postes de l’encadrement dans les branches.
- De s’appuyer sur la publication du rapport IRES pour construire une campagne sur la revalorisation des salaires des professions intermédiaires, notamment autour de la date anniversaire de la création de la 2e catégorie socioprofessionnelle.
- D’impliquer les Ufict pour déployer auprès d’elles la formation commune Ugict-CGT- FERC-FSU sur les classifications.
- De construire en lien avec la Confédération et nos Ufict des outils simples permettant aux Ictam de se situer à partir de bases de données (rémunérations, diplômes, équité en termes de déroulement de carrière).
- Pour élever le rapport de forces dans les négociations et lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), d’impliquer les CD sur les enjeux de classifications des Ictam à travers des initiatives