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État des lieux
Plusieurs déterminants repoussent l’accès à une retraite pleine et entière : l’allongement de la durée des études couplée à des périodes de précarité, le cumul de divers régimes de retraite, y compris à l’étranger, les interruptions de carrière pour les femmes, les arrêts maladie, les réformes régressives de l’assurance chômage. Cela génère souvent incertitudes et insécurité sociale.
Pour les Ictam, aucun facteur de risques professionnels (risques socio-organisationnels, horaires à rallonge) n’est visé par le dispositif de reconnaissance de la pénibilité. La réduction des droits sociaux oriente les Ictam vers des Plans d’épargne retraite (PER) financés pour certains par de la rémunération annexe.
La stratégie du patronat est de licencier les seniors qualifié·es en fin de carrière pour réduire la masse salariale avec un report sur l’assurance chômage, mais aussi sur l’assurance maladie et invalidité en raison de la dégradation de l’état de santé.
L’État vise la ponction financière des régimes de retraite (stratégie sur l’Agirc-Arrco) en plus de l’assèchement des régimes opéré en bloquant la part de PIB affecté à leur financement, qui aura pour conséquence la baisse des pensions de retraite et un partage inégal de la richesse.
Mais les aspirations sont fortes pour l’amélioration de nos droits avec une très forte mobilisation contre la réforme des retraites et un soutien à des propositions alternatives.
Enjeux et stratégies syndicales
Le patronat, bien qu’uni pour défendre la baisse du financement des retraites, peut être parfois divisé sur ce sujet, tant il touche la totalité de la population.
Cela est un point d’appui, de même que la visibilité du sujet des retraites dans le débat public, qui a été et sera l’épine dans le pied d’Emmanuel Macron jusqu’à la fin de son mandat.
Nous faisons face à des difficultés structurelles dans la société et au sein de la CGT dès lors que les Ictam sont perçu·es comme des privilégié·es vis-à-vis des retraites. Pour la fonction publique notamment, ce postulat est faux. En effet, comparativement aux autres catégories, la part des primes en fin de carrière pour les catégories A est relativement plus importante. Or ces primes ne rentrent pas dans l’assiette de calcul des pensions de retraite ce qui impacte fortement et négativement le niveau des pensions des Ictam A.
Les retraites sont aussi devenues un sujet technique et difficile, bien que facilement mobilisateur, mais qui génèrent encore des discours de partage de la pénurie et de mise en opposition des travailleur·ses.
Nous pouvons nous appuyer sur la forte mobilisation contre la dernière réforme qui a permis d’amener beaucoup de nouveaux·elles syndiqué·es, ce qui constitue un point d’appui pour l’avenir.
La division syndicale sur l’enjeu de prise en compte des années d’études pour la retraite est un frein qu’il nous faut lever. Au sein de la CGT, nous bénéficions de l’appui de l’Union confédérale des retraités (UCR) et sur les nombreux·ses militant·es du réseau de l’Ugict-CGT qui siègent dans les institutions de retraites (Agirc-Arrco, RAFP, etc.).
Orientations
Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et de mobiliser les Ictam autour de la prise en compte des années d’études et de l’ensemble des éléments de rémunération pour la retraite, de la reconnaissance de la pénibilité au travail pour nos catégories, de la lutte contre les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.
Ces revendications sont nécessaires au financement et à la défense de notre système par répartition concurrencé par le système de retraites par capitalisation.
Actions, méthodes et outils à déployer
Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :
- De continuer à revendiquer le droit à la retraite à partir de 60 ans avec 75 % du dernier salaire, et 55 ans pour les métiers pénibles, y compris pour les métiers d’Ictam fortement exposés.
- D’organiser dès la sortie du congrès et en prévision de la renégociation de l’accord Agirc-Arrco et du PLFSS ; une campagne nationale interprofessionnelle en lien avec les organisations syndicales étudiantes pour gagner la bataille de la prise en compte des années d’études dans le calcul de la retraite.
- D’ancrer cette campagne dans les entreprises pour obtenir la négociation d’accords collectifs de financement du rachat des années d’études par l’employeur.
- D’organiser en prévision des PLFSS une campagne nationale visant à faire reconnaître la pénibilité des facteurs de risques auxquels les Ictam sont exposé·es autour d’une étude de l’Institut de recherche économique et sociale (IRES) sur le sujet et de Rencontres d’Options dédiées.
- D’organiser sur le long cours une campagne d’influence contre les retraites par capitalisation (qui ciblent en priorité les Ictam, participent à la financiarisation de l’économie, avec des impacts sur l’environnement), en lien avec des associations environnementales, en travaillant avec les Fédérations Banques Assurances et Organismes sociaux pour décrypter les conditions des offres des PER et obtenir une loi de régulation de la publicité pour ces produits de retraites par capitalisation.
- De lutter contre toute réforme de l’assurance chômage visant à restreindre les droits des Ictam en lien avec la Confédération.