Billet : Pour que demain nous appartienne

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« Rien n’est écrit d’avance » affirmait la CGT de l’encadrement lors de son congrès de Perpignan en mars 2018. Un slogan qui colle tellement bien à la peau de celles et ceux qui luttent pour changer le monde, pour préserver ce qu’il a de meilleur et conquérir de nouveaux droits, gagner l’égalité.

Parce que si tout était plié, si la messe était dite, le syndicalisme n’aurait pas de raison d’être. Et parce que rien n’était écrit d’avance, nous avons fait reculer Emmanuel Macron par les mobilisations sur une réforme phare de son quinquennat : celle des retraites. Et parce que rien n’est gravé dans le marbre, nous savons qu’il n’a pas encore renoncé, qu’il nous faudra encore ferrailler dans les mois à venir.

Jour après jour, d’allocutions en petites phrases, le chef de l’Etat dessine finalement un monde d’après semblable sinon pire que le monde d’avant. Et avec le patronat, dont il sert les intérêts, ils prétendent continuer à s’appuyer sur l’encadrement pour transformer le travail du reste du salariat et expérimentent sur cette catégorie les dérégulations du marché du travail et du système de protection sociale. « Vecteurs et victimes des transformations, les Ingés, Cadres, Techs et Agents de maîtrise (ICTAM) sont un enjeu stratégique » pour le capital, réaffirme l’Ugict-CGT dans son projet de document d’orientation qui sera débattu lors de son 19e congrès cette semaine à Rennes.

Et parce qu’ils occupent cette place spécifique, mais pas à part, dans le salariat, la question de la syndicalisation de ces travailleuses et travailleurs qualifiés et en responsabilité est déterminante pour les combats à venir. « Isolé par le Wall Street management, l’encadrement est enfermé dans l’alternative mortifère « se soumettre ou se démettre », martèle l’Ugict-CGT qui entend au contraire renforcer la CGT parmi ces catégories que le patronat ne peut plus considérer comme acquises par essence au prêchi-prêcha néolibéral.

En effet, de baromètres en questionnaires réalisés par la CGT de l’encadrement ces dernières années, les cadres et les professions intermédiaires disent leur aspiration à travailler et vivre autrement. Plus féminisées, rajeunies, ces catégories ne veulent plus tout sacrifier à leur carrière professionnelle. Et dans la période que nous traversons où se sont enchainées crise financière, crise environnementale et crise sanitaire, la recherche du « sens » du travail est devenue leitmotiv. Parfois dans une douleur qu’on a peine à concevoir quand des soignants jettent la blouse et fuient l’hôpital.

Implanter la CGT là où elle n’existe pas, la renforcer et développer l’activité syndicale spécifique en partant du travail et des aspirations de ces travailleuses et travailleurs, sont des enjeux décisifs dont vont débattre cette semaine les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise CGT lors de ce 19e congrès de l’Ugict. Cette fois, ils affirment : « le monde de demain nous appartient » et entendent « ouvrir des alternatives sociales et environnementales, montrer un syndicalisme qui permet le plein exercice du professionnalisme et des responsabilités, qui se bat pour la reconnaissance et le paiement des qualifications, et qui répond aux problèmes concrets et immédiats ».

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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