5 raisons de se mobiliser le 13 octobre pour les salaires

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1 Le pouvoir d’achat des ingés, cadres et techs diminue sous l’effet de l’inflation et des politiques salariales menées par le patronat 

Un an et demi d’inflation ont fait baisser le pouvoir d’achat des professions intermédiaires (-1,5 %) et des cadres (-2,1 %) (Dares, 2023). En France les professions intermédiaires et les cadres sont bien souvent renvoyé·es à des hausses individuelles et discrétionnaires de salaire, et les hausses – insuffisantes – du Smic ne se répercutent pas sur l’ensemble des grilles salariales. 

Or les salarié·es constatent que les primes, l’intéressement et la participation, ne répondent pas à la hausse durable des prix à la consommation et ne permettent pas de reconnaître leurs qualifications. Ainsi 60 % des professions techniciennes et intermédiaires ayant bénéficié d’une prime ou d’une augmentation de salaire en 2022 considèrent qu’elles ne permettaient pas de maintenir leur pouvoir d’achat (Viavoice/Ugict, 2022). Et 53 % des cadres préfèrent des hausses collectives de salaire aux hausses individuelles (Apec, 2022).  

La Cgt et son Ugict revendiquent des hausses générales de salaire et l’indexation automatique de tous les salaires sur les prix avec « l’échelle mobile des salaires » 

 

 

2 Alors qu’en même temps les actionnaires s’enrichissent et le nombre de millionnaires explose en France  

Côté face il y a la restriction salariale, côté pile il y a le patronat qui se taille la part du lion.  

Dans le contexte inflationniste il bénéficie d’aides colossales financées par nos impôts ! En France le patronat est en effet biberonné aux aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. En 2022 ce sont 200 milliards d’euros qui ont été versés aux entreprises sous forme d’exonérations de cotisations ou d’impôts, et d’aides diverses 

Pire, c’est le patronat qui est à mettre en cause dans le niveau d’inflation que nous subissons. Pour le Fonds mondial international (FMI) c’est ainsi la hausse des profits qui est responsable de 45 % de l’inflation !  

Résultat : la France est sur le podium des pays du monde qui comptent le plus de millionnaires (2,8 millions) alors que partout leur nombre est en baisse ! Moins de 4000 d’entre eux détiennent une fortune excédant les 100 millions de dollars. Pourquoi ? Grâce au rendement du capital, à l’accaparation des richesses créées par le travail et à la fiscalité généreuse pour les riches.  

La Cgt et son Ugict revendiquent le fait de conditionner les aides publiques aux entreprises à des objectifs sociaux et environnementaux et la taxation des profits 

Lire l’article du journal Le monde : L’ONG Oxfam dénonce la déconnexion accrue entre dividendes et salaires depuis 2018

 

3 Gagner des hausses de salaires c’est améliorer la sécurité sociale   

Obtenir des hausses de salaires c’est aussi assurer le financement de notre protection sociale. C’est par nos cotisations que nous finançons nos assurances sociales (chômage, maladie, retraite…). 

Or le gouvernement prétend que nous manquons de moyens pour financer la solidarité et justifie ainsi sa réforme injuste de l’assurance chômage et la réforme-éclair des retraites qu’il veut mener à l’automne. 

 

Des hausses générales de salaire pourraient financer les pensions des retraites actuelles et à venir. Des milliards d’euros pourraient être dégagés grâce à une hausse générale de 5 % des salaires (au moins 10 milliards d’euros de cotisations rien que pour les caisses de retraites), tout comme le respect de l’égalité salariale femme-homme rapporterait des milliards d’euros de cotisations à la Sécurité sociale (au moins 6 milliards d’euros pour les caisses de retraites).  

 

4 Cette mobilisation unitaire est une première en France 

Pour la première fois, toutes les organisations syndicales françaises appellent à une mobilisation unitaire et nationale pour la hausse des salaires.  

Le communiqué du 28 août 2023 s’inscrit en effet dans la continuité de l’unité syndicale construite contre la réforme des retraites.  

 

5 C’est un appel européen qui intervient dans un contexte de lutte pour les salaires  

Partout en Europe fleurissent les luttes pour des hausses de salaire depuis de longs mois.  

 

Ces mobilisations s’organisent dans le contexte d’inflation que nous subissons depuis le début de l’année 2022. En Europe, 65 % des citoyen·nes ne sont pas satisfait·es de la réponse des gouvernements nationaux à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, et 57 % sont mécontent·es de la réponse de l’UE (Parlement européen, 2023).  

C’est la raison pour laquelle la Confédération européenne des syndicats (CES) a réclamé que « les dirigeants européens [protégent] les plus vulnérables, [mettent] fin à la modération salariale et [veillent] à ce que la véritable cause de cette crise soit traitée au moyen d’impôts sur les bénéfices excédentaires dans tous les pays de l’UE et de mesures de lutte contre l’enrichissement. » Elle appelle à une mobilisation à l’échelle européenne le 13 octobre 2023, car l’austérité budgétaire en Europe ne peut plus durer. 

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