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Il y a des annĂ©es que le curseur du partage de la valeur ajoutĂ©e s’est dĂ©favorablement dĂ©placĂ© pour les salariĂ©.es au seul avantage du patronat. Et l’un des marqueurs de cette Ă©volution est la dĂ©connexion systĂ©matique des augmentations gĂ©nĂ©rales par rapport Ă l’inflation. C’Ă©tait vrai avec des taux d’inflation d’avant la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, mais quand elle sâĂ©tablit autour de 6 % en ce dĂ©but de 4e trimestre 2022, ça l’est de maniĂšre encore plus criante. Â
 L’enjeu du maintien du pouvoir d’achat est crucial et il est posĂ© dans les nombreuses mobilisations de la derniĂšre pĂ©riode pour les travailleuses et travailleurs de toutes les catĂ©gories. Mais lâĂ©rosion de la valeur de la monnaie touche bien Ă©videmment les salariĂ©.es et les couches sociales les plus fragiles.
 Pour l’Ă©conomie du pays, c’est aussi une urgence, car lâaustĂ©ritĂ© salariale combinĂ©e aÌ une forte augmentation des prix des biens et services les plus indispensables freine la reprise et contribue aÌ accentuer le dĂ©sĂ©quilibre entre capital et travail. L’Ă©conomie a besoin d’ĂȘtre soutenue par la consommation des mĂ©nages.
 Des voix, dont celle de la CGT, s’Ă©lĂšvent pour revenir Ă l’Ă©chelle mobile des salaires abandonnĂ©e en 1982. L’idĂ©e fait son chemin comme en atteste l’IFOP qui a publiĂ© le 20 octobre les rĂ©sultats dâun sondage auprĂšs de 1013 personnes.
 Les rĂ©sultats sont sans appel. 87 % des personnes interrogĂ©es sont en accord avec la proposition suivante : Vous personnellement, souhaitez-vous que les salaires soient indexĂ©s sur l’inflation comme c’Ă©tait le cas jusqu’en 1982 ?
 Face Ă cette montĂ©e en puissance des revendications salariales, on commence Ă nous seriner la mĂȘme petite musique selon laquelle les revalorisations salariales risqueraient dâalimenter une boucle prix-salaire ouÌ la hausse de lâun alimente celle de lâautre. Et les nĂ©olibĂ©raux de pousser des cris d’orfraie Ă l’idĂ©e de devoir oublier les critĂšres de convergence du traiteÌ de Maastricht qui encadrent strictement lâinflation parmi les Ătats membres.
 Bien Ă©videmment, les salaires -mais pas seulement- entrent dans la composition des prix des biens et des services qui varient aÌ la hausse ou aÌ la baisse dans le cadre dâune Ă©conomie de marcheÌ. Il est donc logique que les prix augmentent pour financer les hausses de salaire.
 Logique, mais pas automatique si lâon regarde les derniĂšres dĂ©cennies durant lesquelles le pouvoir dâachat des salaires a stagneÌ, voire diminueÌ pour certains mĂ©nages, tandis que les prix ont augmentĂ©Ì. Et lorsqu’on regarde 40 ans en arriĂšre depuis l’abandon de l’Ă©chelle mobile des salaires « le recul de la part des salaires dans la richesse produite a Ă©tĂ© estimĂ© Ă 1 500 milliards dâeuros ! » affirme la CGT.
 La confĂ©dĂ©ration met donc en dĂ©bat avec les travailleurs et travailleuses du privĂ© comme du public la mise en place de lâĂ©chelle mobile des salaires, avec la promulgation dâune nouvelle loi et la modification du Code du travail.
 Elle revendique aussi que le SMIC soit portĂ© Ă 2000 euros brut et que le point dâindice des fonctionnaires soit revalorisĂ© de maniĂšre automatique chaque annĂ©e, dans les mĂȘmes proportions que le SMIC. Des propositions qui doivent nourrir les dĂ©bats avec les salariĂ©.es pour prĂ©parer les deux prochaines Ă©chĂ©ances de mobilisation les 27 octobre et 10 novembre prochains pour les salaires et les pensions.
Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT
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