Les ingénieur·es, cadres, technicien·nes et agent·es de maîtrise refusent d’être les fusibles de l’impréparation climatique

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Le climat change. Le travail aussi doit changer.

Les canicules et les incendies de l’été 2026 ne sont pas des accidents. Elles confirment une réalité désormais connue : le changement climatique transforme durablement nos conditions de vie et de travail. Pourtant, dans les entreprises comme dans les administrations, tout se passe comme si nous pouvions continuer à travailler dans les mêmes bâtiments, avec les mêmes organisations et les mêmes objectifs.

Les scientifiques alertent depuis des années. Les professionnels aussi. Pourtant, chaque épisode de fortes chaleurs révèle les mêmes improvisations : bâtiments inadaptés, effectifs insuffisants, procédures de dernière minute, managers livrés à eux-mêmes pour arbitrer entre la santé des équipes et la continuité de l’activité. Cette situation n’est plus seulement de l’impréparation. Elle devient une responsabilité collective.

Les ICTAM sont en première ligne

Les ingénieur·es, cadres, technicien·nes et agent·es de maîtrise occupent une place particulière dans les organisations.

Nous encadrons des équipes, concevons les infrastructures, assurons la maintenance des installations, organisons les soins, pilotons les réseaux, garantissons la qualité, la sécurité et la continuité des services.

Nous sommes aussi celles et ceux qui voient, avant les autres ou en tout cas différemment, les limites des organisations.

Lorsque les bâtiments deviennent inoccupables, lorsque les procédures ne correspondent plus à la réalité du terrain, lorsque les objectifs deviennent incompatibles avec la sécurité ou la santé, nous sommes les premiers à devoir trouver des solutions.

Mais nous devons trop souvent le faire sans disposer des moyens nécessaires.

Une responsabilité sans les moyens d’agir

Pendant les fortes chaleurs, les injonctions se multiplient.

Protéger les équipes.

Maintenir l’activité.

Respecter les délais.

Garantir la sécurité.

Continuer à produire.

Garder nos enfants.

Manager en télétravail dans des logements aussi chaud que nos bureaux.

Pourtant, les décisions essentielles ne sont pas entre nos mains.

Nous ne décidons ni des investissements, ni des effectifs, ni de la rénovation des bâtiments, ni des budgets consacrés à la prévention.

Autrement dit, on demande aux ICTAM d’assumer une responsabilité de plus en plus importante tout en les privant des leviers permettant de l’exercer correctement.

Cette contradiction est devenue insupportable.

La chaleur est aussi un risque pour la sécurité collective

La chaleur ne provoque pas seulement de la fatigue.

Elle réduit les capacités de concentration, de mémorisation, d’analyse et de prise de décision.

Or de nombreux ICTAM exercent des métiers où ces capacités sont essentielles.

Dans le nucléaire, dans le ferroviaire, dans les hôpitaux, l’industrie, les réseaux d’énergie dans les télécommunications ou encore dans les collectivités.

Lorsque les professionnels qui garantissent la sécurité des installations ou la continuité des services publics travaillent dans des conditions dégradées, c’est l’ensemble de la société qui est concerné.

Le changement climatique est donc devenu un enjeu de santé au travail, mais aussi un enjeu de sécurité publique.

L’urgence est de construire une société fondée sur le développement humain durable

Depuis plusieurs années, les alertes se multiplient. Pourtant, les investissements nécessaires sont sans cesse repoussés.

Les bâtiments restent inadaptés aux fortes chaleurs.

Les services publics demeurent sous tension.

Les organisations continuent d’être pensées pour un climat qui appartient déjà au passé.

Nous savons mobiliser des moyens considérables lorsque certains risques sont jugés prioritaires.

Pourquoi ne faisons-nous pas preuve de la même détermination face à une crise climatique qui est déjà là et qui affecte chaque été des millions de travailleurs ?

Notre pays a besoin d’une véritable économie de la résilience.

Investir dans les bâtiments.

Renforcer les services publics.

Préparer les organisations du travail aux crises et aux évènements climatiques.

Donner aux professionnels les moyens d’anticiper plutôt que d’improviser.

Reconnaître l’expertise du travail réel

Les ICTAM ne demandent pas un statut particulier.

Ils demandent que leur expertise soit enfin prise en compte.

Ils demandent de pouvoir dire lorsqu’un objectif devient irréaliste, lorsqu’une installation ne peut plus fonctionner en sécurité, lorsqu’une équipe ne peut plus travailler dans des conditions acceptables.

L’Ugict-CGT propose d’ouvrir le débat sur un véritable droit de refus et de proposition alternative permettant notamment aux salarié·es investis d’une responsabilité de sécurité de refuser d’engager leur responsabilité lorsque les conditions ne permettent plus de garantir la protection des équipes, des installations ou des usagers.

Ce serait une avancée majeure pour les travailleurs, mais aussi pour la société tout entière.

La transition écologique ne se fera pas contre le travail

Les ingénieur·es, cadres, technicien·nes et agent·es de maîtrise ne sont pas seulement confrontés aux conséquences du changement climatique.

Ils détiennent aussi une partie des solutions.

Ils connaissent les organisations.

Ils connaissent les infrastructures.

Ils connaissent les limites du travail réel.

Encore faut-il que leur expertise soit écoutée.

La transition écologique ne pourra réussir que si elle s’appuie sur celles et ceux qui font fonctionner chaque jour les entreprises, les services publics et les infrastructures de notre pays.

Ne restons pas seuls face à ces défis

  •  Rejoignez l’Ugict-CGT
  •  Témoignez des conséquences des fortes chaleurs dans votre travail.
  •  Participez à la campagne de l’Ugict-CGT.
  •  Construisons ensemble les revendications qui permettront de mettre le travail à la hauteur des défis climatiques et des enjeux pour l’humanité.

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