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État des lieux
Les Ictam subissent plus que jamais le recul de leur niveau de vie, la perte de pouvoir d’achat, le tassement des grilles salariales qui s’accentuent en période d’inflation du fait de l’absence d’échelle mobile des salaires (indexation de l’ensemble des salaires et traitement sur les prix).
Cette baisse du niveau de vie est particulièrement forte pour les Ictam.
Cela trouve notamment sa source dans la baisse tendancielle des salaires à l’embauche des jeunes diplômé·es.
Ces salaires sont très faibles alors que le niveau de qualification augmente, notamment car il est perçu comme normal de débuter une carrière au Smic.
Les Ictam subissent une individualisation de plus en plus forte de leurs rémunérations : la rémunération à l’emploi occupé et non à la qualification, tout comme la place de plus en forte prise par la part variable et par des modes de rémunération non cotisés (primes, intéressement, participation), y compris dans les logiques de redistribution des activités sociales et culturelles.
Dans la fonction publique paupérisée, la perte de pouvoir d’achat vertigineuse des Ictam fait courir de véritables risques pour le fonctionnement des services publics (démissions, turn-over, hausse du risque de corruption, attractivité…).
Enjeux et stratégies syndicales
Le patronat s’organise pour s’assurer un maximum de rémunération pérenne pour l’actionnariat au détriment des travailleurs·ses et des sous-traitants, et souvent en parallèle en augmentant les dispositifs de parts variables individuels ou globaux qui dégradent le salaire des Ictam et s’attaquent à leur autonomie et à leur responsabilité. Comment ?
En mettant en œuvre des stratégies de négociation qui entravent nos capacités de mobilisation.
D’abord en enserrant toutes les négociations dans des enveloppes prédéterminées – au service de la rémunération du capital – et des calendriers contraints.
Pour éviter la mobilisation des Ictam, les NAO sont organisées concomitamment aux entretiens annuels qui déterminent leur rémunération, et les négociations sur l’intéressement sont organisées dans des calendriers serrés empêchant toute mobilisation.
Pour maîtriser le contenu des négociations et garantir la part des actionnaires, il s’appuie sur des stratégies de désinformation sur les résultats des entreprises.
Ensuite en divisant le salariat dans les négociations en mettant en opposition les ouvrier·es-employé·es (OE) et les Ictam au nom de de la gestion d’une prétendue « pénurie » , avec par exemple la défense des hausses de salaire forfaitaire ou avec des talons, et ce malgré la hausse de la rémunération du capital sur le temps long.
Ces positions, en opposition avec notre revendication de l’échelle mobile des salaires, sont la plupart du temps soutenues par les autres organisations syndicales (voire parfois au sein de la CGT).
Les pouvoirs publics ont une responsabilité dans cette situation.
L’austérité dans la commande publique conduit à la moins-disance sociale (dumping) et donc à l’austérité salariale. Pire, alors que l’État délivre les diplômes il ne s’assure pas de leur respect, notamment dans la rémunération par tous les moyens qu’il détient.
Il contraint en outre la négociation collective en interdisant l’indexation des salaires sur les prix et ne se donne pas les moyens de sanctionner les entreprises qui pratiquent l’austérité salariale.
L’austérité dans la fonction publique est directement déterminée par le coût du capital et les centaines de milliards d’euros dépensés par la puissance publique pour aider le secteur privé sans contrôle, ni contrepartie.
La diminution des dotations aux collectivités impacte leur capacité à augmenter, si elles le souhaitaient, les rémunérations des agent·es à travers les régimes indemnitaires.
Orientations
L’Ugict-CGT devra dans le mandat :
- Se donner les moyens de traiter les questions de salaire sur toute l’année en prenant en compte les grands jalons des négociations de rémunération (calendrier des NAO, des publications de résultats et des assemblées générales d’actionnaires).
- Se mettre en ordre de marche pour gagner le retour a minima de l’échelle mobile des
- Faire connaître les repères revendicatifs CGT en matière de reconnaissance des qualifications et notamment de doublement du salaire sur la carrière, mais aussi d’intégration des éléments annexes de rémunération dans les salaires et traitements.
Actions, méthodes, outils
Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :
- De travailler à la construction d’outils d’aide à la négociation et à la mobilisation pour nos syndicats : outils de stratégie syndicale pour gagner des hausses de salaire avec les Ictam, outils d’exploitation des données obligatoires issues de l’application de la directive sur la transparence salariale, créateurs automatiques d’outils visuels à partir des données des entreprises sur les dividendes et les NAO afin de rendre visibles les stratégies patronales. Dans ce cadre, de proposer à la Confédération de construire un calculateur de perte individuelle de pouvoir d’achat.
- De construire une mobilisation pour gagner l’échelle mobile des salaires en proposant une loi en intersyndicale sur ce thème, et en s’appuyant sur les travaux de notre Institut d’histoire sociale
(IHS-Ugict) et d’Eurocadres sur le sujet. - De s’appuyer, en lien avec Eurocadres, sur les travaux sur le projet de directive européenne sur les marchés publics pour défendre la mieux-disance en la matière.