Pour en savoir plus
État des lieux
Les Ictam sont au même titre que les autres victimes de discriminations au travail de type racistes, antisyndicales, de genre, mais aussi des discriminations basées sur l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle, ou liées à l’état de santé et au handicap.
En plus des violences quotidiennes et de leurs conséquences sur la santé physique et mentale des travailleur·ses, les discriminations ont un impact sur la situation sociale des travailleur·ses discriminé·es : discriminations à l’embauche, non-respect des qualifications à l’embauche, refus de promotions, retards salariaux, etc.
Il faut également noter les situations particulières des travailleur·ses binationaux·ales, attaqué·es par l’extrême droite, et des travailleur·ses immigré·es qui sont victimes de discrimination accrues en lien avec leur situation administrative précaire.
Les Ictam encadrant·es, qui ont pour mission de garantir un environnement et des collectifs de travail sereins, font face à des enjeux particuliers liés à leurs responsabilités dans l’embauche et la gestion de carrière (risques démultipliés par le management algorithmique) et s’exposent, dans un contexte de montée des idées d’extrême droite dans le salariat comme dans les directions d’entreprise et d’administration, à de forts conflits de valeurs.
Or les discriminations et les violences ciblant les groupes minorisés sont peu évoquées dans les collectifs de travail du fait du tabou lié à ces questions, mais aussi de la faiblesse du droit actuel qui repose principalement sur les principes généraux de prévention ou sur des stratégies juridiques individuelles.
La situation s’est largement aggravée dans la dernière période en lien avec la montée des idées d’extrême droite : antisémitisme, islamophobie, xénophobie, etc.
Enjeux et stratégies syndicales
Le patronat organisé reste, au mieux, silencieux sur ses responsabilités dans la lutte contre les discriminations au travail, et au pire reprend les termes de l’extrême droite (« wokisme ») pour stigmatiser celles et ceux qui se mobilisent pour l’égalité.
Dans le privé, le patronat manipule les notions de neutralité et de laïcité, applicables aux seuls services publics, pour justifier des discriminations pouvant aller jusqu’au licenciement. Les femmes musulmanes en sont particulièrement victimes.
Le patronat invisibilise entièrement les conséquences sociales des discriminations pour les Ictam sur la vie professionnelle (en termes de carrière et de perte de salaire) et privée.
Orientations
L’Ugict-CGT œuvrera pour :
- Traiter comme un fil rouge du mandat la lutte contre les idées d’extrême droite et la dénonciation de l’imposture sociale du Rassemblement national (RN), avec deux jalons électoraux à anticiper (les élections municipales et présidentielle), tout comme le risque de nouvelles dissolutions de l’Assemblée
- Développer une connaissance fine de l’expression des différents critères de discrimination auprès des Ictam, afin d’être en mesure d’identifier et de construire des moyens de lutte efficaces pour chacun d’eux, en s’appuyant sur une approche intersectionnelle qui analyse la façon dont les diverses discriminations se renforcent mutuellement.
- Obtenir des droits nouveaux en matière de lutte contre les discriminations au travail pour sortir ces questions du « fourre-tout » de la Qualité de vie-conditions de travail (QVCT) ou de démarches juridiques individuelles. Pour cela, l’Ugict-CGT se donnera l’objectif de lutter contre les propos et actes discriminatoires sur le lieu de travail et de donner des outils et des droits pour les Ictam en particulier encadrant·es, pour gagner des négociations obligatoires, des informations et sensibilisations des travailleur·ses, la formation obligatoire des encadrant·es et des représentant·es des travailleur·ses, la prise en charge des conséquences sur la santé mentale et physique par les employeurs, la consultation sous le contrôle des représentant·es des travailleur·ses, la mise en place d’indicateurs type « nuage de points » permettant de mesurer les écarts de carrière subis par les Ictam discriminé·es.
- Sécuriser les Ictam étranger·es dans leur carrière avec une prise en charge des procédures administratives par les directions et une garantie d’égalité dès l’embauche.
- De travailler à l’amélioration de nos pratiques militantes en interne dans la lutte contre le racisme. Pour cela nous œuvrerons aux côtés de la Confédération, à la construction d’un dispositif de prise en charge des situations de discriminations fondé sur l’écoute des victimes et qui pourra s’appuyer sur les outils de la CGT (cadre commun, règles de vie, etc.).
Actions/méthodes/outils
Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :
- De faire suivre à la CE de l’Ugict-CGT la journée d’étude confédérale « Combattre les idées d’extrême droite ».
- De compléter chaque stage dispensé par l’Ugict-CGT par un argumentaire de déconstruction du discours d’extrême droite (discours anti-élites, mise en opposition des travailleur·ses, etc.).
- De lancer un sondage biannuel sur les
- De déployer le générateur d’enquête en ligne sur les discriminations racistes au
- De produire des outils d’information et de stratégie syndicale (webinaires, journées d’étude, formations, guide à destination des Ictam) pour lutter efficacement contre les discriminations au travail.
- De travailler avec Eurocadres à des initiatives de partage des expériences de lutte contre les discriminations parmi les Ictam, y compris pour que la directive transparence salariale puisse trouver à s’appliquer aux autres critères de discrimination.
- De construire une formation Ugict-CGT de lutte contre les idées d’extrême droite ainsi qu’une formation dédiée à la lutte contre les racismes au travail.
- De produire un livret méthodologique sur les discriminations et les violences ciblant les groupes minorisés.
- D’aider au déploiement du courrier aux directions pour les Ictam confronté·es dans leur responsabilité à des attitudes
- De construire le revendicatif en matière de lutte contre les discriminations racistes visant les Ictam au travail, en exigeant des directions une démarche d’abord à l’écoute des victimes en s’inspirant des avancées récentes en matière de traitement des violences sexistes et sexuelles.