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État des lieux
Le nombre de jeunes diplômé·es est en constante hausse, mais ces jeunes Ictam sont embauché·es sur des emplois qui ne correspondent pas à leurs qualifications et qui ne les rémunèrent pas, ou au rabais, au niveau de leur diplôme de formation initiale, en particulier quand elles et ils sont embauché·es au forfait jour.
Elles et ils sont parfois rejeté·es violemment dans le cadre de leur embauche dans la période d’essai. Ce bizutage social, qui débute en réalité dès les études, notamment avec les périodes de stage et d’apprentissage, se poursuit sur toute la carrière, et jusqu’à la retraite avec l’absence de prise en compte des années d’études.
Pour autant, les nouvelles générations d’Ictam sont dépeintes dans les discours publics comme des fainéant·es qui refusent les règles du monde du travail. Elles et ils défendent pourtant des aspirations légitimes à l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle et à la recherche de sens au travail.
Face à la violence du monde du travail, les jeunes Ictam peuvent être tenté·es de trouver des réponses en quittant leur emploi. Ce turn-over des jeunes Ictam met le fonctionnement des entreprises et des services publics en danger, avec au niveau national, un risque accru de fuite des cerveaux.
Or le syndicalisme spécifique est un débouché qui peut leur permettre de faire changer concrètement les choses dans leur travail et leur vie. Pour cela, l’Ugict-CGT dispose de points d’appui : les jeunes Ictam sont plus politisé·es et plus intéressé·es par la défense concrète de leurs conditions de travail. Elles et ils ont des aspirations sur l’ensemble des enjeux relatifs aux conditions de travail des Ictam (temps de travail, éthique et responsabilité, etc.).
Nous faisons cependant face à des obstacles et devons faire en sorte de leur proposer un syndicalisme qui réussisse à les inclure dans la vie syndicale – en garantissant l’équilibre de leur vie pro-perso et syndicale – et de leur proposer des actions concrètes pour faire vivre la démocratie sur le lieu de travail.
Enjeux et stratégies syndicales et patronales
Dans les entreprises et les administrations le patronat s’organise pour formater et exploiter les jeunes Ictam dès leur arrivée sur le lieu de travail, allant même jusqu’à valoriser les profils qui ne s’engagent pas dans la CGT.
Nous devons proposer des cadres de sociabilité alternatifs permettant de combattre le formatage patronal et transmettre une culture et des valeurs syndicales dans des temps libérés de l’emprise patronale.
Orientation
S’appuyer sur la dynamique construite dans la bataille des retraites et suite à l’élection de Sophie Binet au secrétariat général de la CGT pour lancer des campagnes spécifiques en direction des jeunes diplômé·es : sur la prise en compte des années d’études dans le calcul de la retraite et sur la prise en compte des qualifications dans le salaire en ciblant notamment les jeunes Ictam diplômé·es.
Actions, méthodes, outils à déployer
Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :
- Suite à la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale, de construire une campagne dédiée en direction des jeunes Ictam afin de les aider à faire reconnaître leurs droits en matière de rémunération.
- Cette campagne aurait la double vertu de servir d’outil de campagne électorale pour les élections professionnelles et d’outil de transmission de nos repères revendicatifs sur le salaire basé sur la qualification.
- D’utiliser nos outils de communication pour diffuser de l’information grand public en direction des jeunes diplômé·es sur l’importance de la démocratie sociale et du syndicalisme dans notre société.
- De construire deux supports de présentation de l’Ugict-CGT à destination des jeunes diplômé·es. Le premier visera celles et ceux qui s’apprêtent à finir leur formation initiale, à faire diffuser par les organisations avant l’été dans les établissements de l’enseignement supérieur des Ictam.
- Les établissements devront être ciblés avec l’aide de la FERC, des mandaté·es CGT dans leurs conseils d’administration, des membres du collectif jeunes diplômé·es et des CD et UD qui concentrent de tels établissements qui ont récemment été embauché·es.
- Le second visera celles et ceux qui viennent d’être diplômé·es ou qui démarrent une alternance, à faire diffuser par les organisations aux mois d’été et de septembre. Les entreprises devront être ciblées avec l’aide des Ufict et Fédérations à forte concentration d’Ictam qui recrutent massivement ces profils. Ces deux supports devront être
- De diffuser largement via nos organisations les guides Ugict-CGT des stagiaires et des jeunes embauché·es adaptables par secteurs professionnels.
- De travailler avec la Confédération et les organisations de jeunesse sur une campagne revendicative pour les apprenti·es et alternant·es.
- De faire connaître auprès de la population étudiante, dans les établissements d’enseignement supérieur, les repères confédéraux de la CGT et notamment ceux ayant trait aux salaires d’embauche en fonction du diplôme obtenu.