[Podcast Ép. 28] Billet 🔊 : Une solidaritĂ© bienvenue comme une Ă©claircie

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En prenant la forme d’une occupation d’une centaine de lieux culturels dans la foulĂ©e de celle du théâtre de l’OdĂ©on depuis le 4 mars, la mobilisation des artistes, technicien.nes et intermittent.es du spectacle est d’emblĂ©e apparue comme fĂ©dĂ©ratrice.

« Nous, occupant.es des lieux de culture, affirmons que notre lutte dĂ©passe les revendications du secteur culturel et appelons Ă  la mobilisation gĂ©nĂ©rale contre le projet de rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage Â», ont proclamĂ© dès les premières heures les occupant.es. Un appel largement entendu.

 

 

Partout dans le pays, ces occupations pacifiques sont devenues des agoras dĂ©mocratiques un peu Ă  la manière des « Nuit debout Â». Les intermittent.es y ont Ă©tĂ© rejoints par des travailleuses et travailleurs de professions sinistrĂ©es par la crise sanitaire et la politique du gouvernement. Par exemple, les saisonniers, extras hĂ´teliers, guides confĂ©renciers, intĂ©rimaires, en grande partie des jeunes et des Ă©tudiant.es. Nombreux.ses sont celles et ceux qui se retrouvent dans les revendications portĂ©es par les intermittent.es parce que la rĂ©forme de l’Assurance chĂ´mage que le gouvernement veut mettre en Ĺ“uvre au 1er juillet nous concerne toutes et tous et va implacablement pĂ©naliser celles et ceux dont les emplois sont ou seront dĂ©truits.

Les estimations on ne peut plus sĂ©rieuses et officielles font dĂ©sormais Ă©tat d’une baisse des allocations pour au moins 1,7 million de privĂ©.es d’emploi. Les cadres ne sont pas Ă©pargnĂ©.es avec la dĂ©gressivitĂ© des allocations chĂ´mage. PrĂ©sentĂ©e avec des arguments populistes, cette mesure a un impact sur l’ensemble des privĂ©.es d’emplois : elle contraint, dans une pĂ©riode de rĂ©cession Ă©conomique, Ă  accepter n’importe quelle offre, au mĂ©pris du niveau de qualification et du salaire prĂ©cĂ©dent et instaure le dĂ©classement en cascade. La solution Ă  une partie des difficultĂ©s de l’Assurance chĂ´mage se trouve au contraire dans le dĂ©plafonnement des cotisations et des allocations, qui, en mettant Ă  contribution les cadres sup. des grandes entreprises permettrait de dĂ©gager 700 millions d’euros de recettes supplĂ©mentaires chaque annĂ©e pour l’Assurance chĂ´mage. C’est bien dans ces mesures injustes que se fonde l’opposition unanime des centrales syndicales Ă  cette rĂ©forme.

Ce mouvement parle Ă  toutes et tous parce qu’il met au centre la garantie des droits sociaux, dont l’accès Ă  une assurance chĂ´mage et croise la dĂ©fense de la culture et la lutte contre la prĂ©caritĂ©. Parce que, comme l’affirme Denis Gravouil, le dirigeant de la CGT Spectacle occupant l’OdĂ©on, dans un article de LibĂ©ration, « les deux sont insupportables : le manque de lien social Ă  travers la culture entre autres et la prĂ©carité (…) qui va ĂŞtre renforcĂ©e si cette rĂ©forme de l’Assurance chĂ´mage passe Â».

Cette semaine, le 23 avril, ce mouvement devrait connaĂ®tre un nouveau temps fort Ă  l’occasion d’un « vendredi de la colère Â». Ă€ une semaine du 1er mai, il sera marquĂ© par un appel Ă  des manifestations dans tout le pays « pour l’emploi, une protection sociale Ă  la hauteur, la prolongation des droits de toutes et tous  Â» lancĂ© notamment par plusieurs organisations de la CGT (organismes sociaux, syndicats de l’État, ComitĂ© national des privĂ©s d’emploi et prĂ©caires, de l’intĂ©rim, du spectacle, du cinĂ©ma, de l’audiovisuel, des journalistes).  

Dans cette pĂ©riode de marasme, ce joyeux mouvement des occupations offre une Ă©claircie salutaire. Il ne demande qu’Ă  s’amplifier.

 

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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