Pour en savoir plus
État des lieux
De plus en plus d’Ictam sont diplômé·es de l’enseignement supérieur, ce qui a un impact aux yeux des entreprises sur la valeur des diplômes et sur la carrière par la suite. Dans ce cadre, le patronat veut faire primer les compétences sur les qualifications. La formation initiale et continue est devenue un véritable business, sans que les Ictam n’aient de garantie que leurs diplômes soient reconnus.
Le développement de l’apprentissage et de l’alternance vise particulièrement les jeunes qualifié·es et constitue une manne financière non négligeable pour les entreprises.
Or dans le cursus de formation initiale, les jeunes qui travaillent (doctorant·es, alternant·es) ne bénéficient pas de la reconnaissance de la qualification acquise par le diplôme, car le salaire est calculé en pourcentage du Smic. Le tutorat d’alternant·es / stagiaires n’est pas nécessairement reconnu et encadré dans les entreprises et administrations.
L’expérience n’est pas automatiquement valorisée, il faut passer à travers les Fourches caudines de la formation continue additionnelle.
La formation continue en entreprise s’est profondément appauvrie (e-learning ou formation en ligne, formation alibi), ce qui provoque aussi une perte de sens pour les professionnel·les de la formation.
Les objectifs d’évaluation des travailleur·ses ne tiennent pas compte du temps consacré à la formation, au bilan de compétences, etc. Cela induit des inégalités d’accès (femmes, syndicalistes, etc.).
De nombreux Ictam n’ont pas accès aux droits à la formation : soit parce que les dispositifs les excluent en droit, soit parce qu’elles et ils sont embauché·es par de petites structures ne connaissant pas leurs droits à la formation. Les employeurs bafouent même ce droit sous prétexte de manque d’effectif.
Les programmes de formation initiale et continue impliquent peu les enjeux de syndicalisme et de droit du travail.
Enjeux et stratégies syndicales
Le patronat s’attaque à la formation initiale des Ictam, car il vise à développer ses propres parcours de formation – financés par les cotisations de la formation professionnelle – sans reconnaissance de la qualification acquise à la clé.
Il mène même cette stratégie au niveau individuel en mobilisant le compte personnel de formation (CPF) au détriment de ses obligations en matière de plan de développement des compétences (plan de formation), ou en faisant jouer les clauses desdites formations.
L’éducation nationale et l’enseignement supérieur sont fortement fragilisés par la baisse de moyens, avec un risque de création d’une éducation à deux vitesses.
Orientations
L’Ugict-CGT œuvrera à la défense des droits à la formation des Ictam, afin d’éviter la fuite des cerveaux et donner des perspectives sécurisantes pour le futur, y compris dans un contexte de besoin de reconversion des travailleur·ses dans certaines filières essentielles pour l’avenir.
Actions, méthodes, outils
Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :
- De créer une cartographie des mandaté·es Ugict dans les instances de la formation initiale, ainsi qu’un réseau de ces mandaté·es.
- De travailler une cartographie de la reconnaissance (ou de son absence) des diplômes par branche.
- De créer un outil d’aide aux syndicats (ex. étape 1 Radar) pour appréhender les enjeux de formation professionnelle (de la branche à l’entreprise) à partir des données des opérateurs de compétences (Opco), BDESE… Pour construire un état des lieux national des dépenses de formation publique (ex. apprentissage), et privée (plans de formation).
- De produire un manuel sur les droits à la formation des Ictam et les stratégies syndicales pour gagner des droits dans la GEPPMM (entreprise) et la GPEC (branche).
- D’organiser une journée des élu·es et mandaté·es dans les instances de l’enseignement supérieur et d’organiser un réseau numérique d’échanges entre les élu·es et mandaté·es.
- D’organiser des Rencontres d’Options sur la formation des Ictam.
- De faire connaître – via notre collectif « Jeunes diplômé·es » et notre réseau des mandaté·es dans les instances – la CGT aux futur·es diplômé·es des établissements d’enseignement supérieur grâce à un modèle d’intervention, un PowerPoint de présentation, notre guide des droits des jeunes travailleur·ses.