[FICHE 7] Face à la mondialisation accrue du travail des Ictam, internationaliser notre action syndicale

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État des lieux

Notre travail prend place dans une économie capitaliste de plus en plus mondialisée :

  • Le capital des entreprises françaises du CAC 40 est détenu à 40,3 % par des investisseurs étrangers, tandis que 77,3 % de leur chiffre d’affaires est réalisé hors de France, en partie grâce à la À l’exemple de Legrand, dont le capital est détenu par des non-résidents avec un chiffre d’affaires réalisé à 75 % à l’étranger (180 pays).
  • Les événements géopolitiques, comme les conflits armés et la pandémie, ont eu un impact direct et fort sur l’économie française du fait de cette internationalisation Le patronat a pris prétexte de ces évènements pour réaliser des profits en augmentant les marges.
  • Les délocalisations et la concurrence mondiale fragilisent les droits des travailleur·ses, notamment les Ictam, et provoquent une précarisation accrue à travers une mise en concurrence sociale et environnementale. À titre d’exemple (Renault, IBM, Sanofi ou Alstom…) plusieurs groupes ont externalisé ou délocalisé leur Recherche et Développement.

Le droit international et européen, via des conventions de l’OIT et des directives, peut jouer un rôle dans la protection des travailleur·ses : sur la transparence salariale, le devoir de vigilance, la durabilité (CSRD), etc. C’est aussi le champ de bataille sur lequel le patronat se déploie pour démanteler nos services et le droit français reste limité face aux stratégies d’optimisation des multinationales. Les stratégies perfides de mise en concurrence entre sites européens, façon IBM ou Dassault Systèmes, du même groupe prolongent ce démantèlement du droit social.

Par ailleurs, le patronat des grandes entreprises bénéficie des aides publiques et de la diplomatie économique au détriment des droits des travailleur·ses. L’ubérisation des fonctions d’encadrement et d’ingénierie participe largement à la précarité de cette composante des travailleur·ses et à une liquidation en règle de notre modèle social.

Dans leur travail les Ictam interagissent de plus en plus régulièrement avec l’étranger : des années d’échanges dans le contexte de la formation initiale, aux projets internationaux menés avec des équipes basées dans d’autres pays, notre travail est fortement lié à celui que mènent d’autres Ictam à travers le monde.

 

Enjeux et stratégies syndicales

 Le patronat s’organise au niveau international via les multinationales. Dans un contexte de mondialisation du travail, l’Ugict-CGT doit structurer ses actions à l’échelle internationale pour créer un rapport de forces global. La coordination entre syndicats européens, voire internationaux, est cruciale pour défendre les droits des travailleur·ses, en particulier des Ictam.

Membre d’Eurocadres, l’Ugict-CGT, s’appuie sur les outils syndicaux européens, en lien avec la Confédération européenne des syndicats (CES) pour mener des campagnes revendicatives transnationales et exiger des transpositions plus ambitieuses socialement des directives, comme celle sur le salaire minimum décent.

C’est notamment le cas des campagnes EndStress pour lutter contre les risques socio-organisationnels (RPS) au niveau européen.

Les comités d’entreprise européens (CEE) et mondiaux (CGM) jouent un rôle clé pour peser sur les décisions des multinationales.

 Ils sont un des maillons des luttes syndicales internationales permettant de gagner des conquis, des normes sociales et environnementales contraignantes pour les acteurs de l’ensauvagement de la mondialisation.

Cette réalité est d’autant plus importante que certaines multinationales concentrent plus de richesses que certains États.

 

Orientations

 Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :

  • De se prononcer pour l’arrêt immédiat des bombardements par la Russie en Ukraine et par Israël à Gaza et pour le maintien de l’intégrité des frontières de l’Ukraine et de l’État de Palestine dans le respect des résolutions de l’ONU.
  • De mettre en avant le rôle des Ictam dans la promotion de la paix durable, du droit et de la coopération internationale et des processus de désarmement, et de gagner de nouveaux droits pour leur permettre d’intervenir pour défendre ces principes.
  • De mettre en avant la bataille pour gagner des normes sociales et environnementales européennes et internationales garantissant de nouveaux droits, notamment en matière de télétravail, droit à la déconnexion et de régulation de l’usage de l’IA. Dans ce cadre, de mettre en lumière les avancées sociales obtenues grâce aux normes européennes et aux accords transnationaux d’entreprises (ex : accords santé-sécurité, diversité chez Suez, UNI chez Société Générale…) afin de lutter contre l’invisibilisation des droits conquis et les idées d’extrême droite.
  • De mettre en lumière le rôle des CEE et des CGM afin de gagner une hausse de leur nombre, mais aussi de leurs moyens d’interventions (en gagnant un droit de veto des représentant·es des travailleurs·ses dans ces cadres) afin qu’ils nous permettent de peser sur les orientations stratégiques, et de construire des stratégies syndicales communes à tous les pays d’implantation.
  • De proposer à Eurocadres de créer un réseau de nos élu·es et mandaté·es au sein des entreprises multinationales afin notamment de faciliter la diffusion transnationale des informations, des revendications et ainsi le dialogue entre syndicats européens et internationaux.

 

Actions, méthodes et outils à déployer

 Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide d’élever le rapport de forces à partir des structures et :

  • De proposer à nos partenaires, Eurocadres et la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques (FMTS), et aux organisations d’Ictam dans le monde, de construire des initiatives sur le rôle de nos catégories dans la construction de la paix, notamment lors de la journée internationale de la paix et de mobiliser contre les guerres en cours en (Ukraine, Gaza…).
  • De leur proposer également, en lien avec les fédérations concernées, de promouvoir des coopérations scientifiques internationales positives, afin d’opposer à la concurrence entre scientifiques une logique de partage des savoirs et des progrès communs. Pour renforcer cette coordination, il est indispensable de s’appuyer en priorité sur les secteurs stratégiques fortement exposés à la mondialisation et aux restructurations (énergie, transports, numérique, recherche). L’implication active des Ufict concernées dans les initiatives européennes et internationales constitue un levier pour construire des revendications transnationales concrètes et peser face aux multinationales.
  • De construire une campagne européenne/internationale pour gagner des normes et obtenir de nouveaux droits en matière de régulation de l’IA et du télétravail.
  • De faire connaître nos organisations européennes aux organisations de l’Ugict-CGT en faisant en sorte qu’elles inscrivent systématiquement leurs élu·es et mandaté·es en CEE et en CGM aux newsletters d’Eurocadres et qu’elles les invitent à ses évènements.
  • Développer en lien avec Eurocadres des formations et/ou des supports pédagogiques à destination des militant·es pour relier les enjeux européens à leurs revendications quotidiennes dans l’entreprise et sur le territoire.
  • De proposer à la Confédération de porter dans la CES et la CSI et par des coopérations avec des organisations syndicales internationales, les projets de créations d’outils suivants qui permettront de créer les conditions de l’organisation de la mobilisation européenne et internationale des travailleur·ses :
    • un outil de mise en commun des données financières, sociales, environnementales internationales des entreprises et services, qui permettrait de dénoncer notamment les logiques d’optimisation et d’évasions fiscales,
    • un annuaire accessible aux organisations spécifiques pour pouvoir échanger les contacts de syndicats, des outils de négociation internationale (modèles d’accord, banques d’accords européens, internationaux),
    • des exemples de stratégies à mettre en œuvre dans les comités européens et de groupe,
    • un service d’interprétariat pour les élu·es et mandaté·es de ces

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