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État des lieux

L’activité de l’Ugict-CGT repose en large partie sur la continuité des plans et actions menés pour faire de la vie syndicale le meilleur remède à la discontinuité de nos efforts. Nous vivons trop souvent des élans qui s’essoufflent dans la durée faute d’être pensés comme une préoccupation permanente de l’organisation.

C’est pour cela que notre vie syndicale exige des stratégies et des plans de travail qui constituent l’activité en propre des organisations du spécifique sur la syndicalisation, la structuration, les élections professionnelles et l’affiliation.

Ce sont les éléments structurants de la vie syndicale permettant d’agir sur notre représentativité et notre capacité d’action.

Deux réalités se contredisent encore trop dans la CGT. D’une part, le nombre d’Ictam qui nous rejoignent progresse, tandis que d’autre part l’affiliation à l’Ugict-CGT stagne, voire certaines années recule, malgré la mise à disposition d’outils d’aide à l’affiliation.

On ne peut continuer à laisser de côté des ingés, cadres, techs dans la CGT sans les informer, les affilier tel que cela est prévu aux statuts, les impliquer et les mettre en responsabilité sur l’enjeu du syndicalisme spécifique pour ces catégories de travailleur·ses.

Il est également essentiel de connaître les raisons du départ des Ictam de la CGT et de les confronter avec les sujets locaux et nationaux qui en seraient la cause.

 

Enjeux et stratégies syndicales

 En prenant le temps d’analyser nos insuffisances et parfois nos reculs, nous reposons la question de l’intégration des Ictam dans nos syndicats et du type d’activité à mener avec elles et eux.

Nous créons des espaces à partir desquels elles et ils prennent part aux luttes en partant de leurs conditions réelles de vie.

Nous portons l’ambition de développer les mobilisations des Ictam dans tous les champs professionnels en leur laissant la latitude de définir leurs revendications et de choisir les modes d’action les plus adaptés.

 

Orientations, actions, méthodes, outils

La communication et les stratégies numériques sont des vecteurs incontournables de la mobilisation des Ictam aujourd’hui. Les communications qui englobent toutes et tous les travailleur·ses au nom d’une vision de classe sans discernement peuvent faire l’impasse sur les conditions spécifiques de chacune des catégories de travailleur·ses.

Nous devons mieux articuler les communications caractéristiques de l’activité spécifique avec celles du syndicalisme général.

Nous devons agir en direction des Ictam pour lever les craintes sur les risques réels de sanctions de la part des employeurs et rendre compréhensibles les limites de leur pouvoir disciplinaire et les moyens de les faire respecter. Cette question doit être impérativement abordée lors de la syndicalisation d’un·e nouvel adhérent·e Ictam dans les syndicats.

Dans le prochain mandat, l’Ugict-CGT s’emploiera à produire tous les éléments pour empêcher les discriminations et sanctions disciplinaires faites aux Ictam syndiqué·es, et faciliter leur appropriation de la grève et des différentes formes de lutte, car quand les Ictam se mettent en grève, elles et ils participent à élever le rapport de forces.

L’enjeu est surtout de redonner à penser et agir « collectif » dans une population fortement individualisée entre autres par le Wall Street management.

La trop lente syndicalisation des Ictam relève notamment de la non-concrétisation des adhésions en ligne à la CGT (plus d’une sur deux) alors qu’elles ont représenté environ 13,5 % du total en 2023. Les commissions départementales recevront chaque mois la liste des adhérent·es Ictam en ligne. Charge à elles de vérifier la concrétisation de l’adhésion avec l’animateur·rice à la vie syndicale de leur UD et le syndicat identifié.

Les membres de la commission exécutive participeront aux visioconférences hebdomadaires du dispositif transitoire d’adhésion (DTA) pour les nouvelles adhésions en ligne. Les Ufict et Commissions départementales seront sollicitées dans le mandat sur leurs propositions pour améliorer ce dispositif pour les Ictam.

Les éléments pénalisants auxquels toute la CGT doit faire face sont de plusieurs ordres :

  • Absence d’accueil des nouveaux·elles adhérent·es.
  • Manque de formation dans les premiers mois d’adhésion (accès et contenu).
  • Défaut de structuration qui aggrave la situation des isolé·es et éloigne les Ictam d’une activité spécifique en prise avec leurs aspirations et leur Pire, nous constatons un recul des structures spécifiques dans l’organisation – justifié par une « logique de mutualisation des moyens » ou par une conception réductrice d’une CGT « une et indivisible ». Or, lorsque les Ictam disposent de cadres d’organisation adaptés, la syndicalisation progresse, la CGT est plus visible dans ces catégories et les savoir-faire militants spécifiques sont mieux transmis. Face à cela, nous impulserons une stratégie forte de structuration, notamment en valorisant les victoires obtenues grâce à l’activité spécifique.

 

Malgré nos décisions de congrès et nos statuts, nous faisons face à un faible engouement et à une certaine incompréhension sur les enjeux de l’affiliation à l’Ugict-CGT par certain·es responsables syndicaux·ales.

La notion de déserts syndicaux peut s’appliquer aussi à des Ictam syndiqué·es, non affilié·es, et pourtant organisé·es dans un syndicat ou une section sans que leur situation spécifique et leurs réalités professionnelles ne soient jamais prises en compte par la structure CGT. Leur situation revient alors à une forme d’invisibilisation au sein-même de la CGT.

Une analyse des raisons qui poussent les Ictam à quitter la CGT est aussi essentielle. Faire un état des lieux régulier pour identifier les raisons qui poussent à ces départs nous permet de savoir où et comment agir sur ces phénomènes qui ne sont pas tous des sujets d’individus. Exemple, questionnaire type à disposition des syndicats lors de démission d’un·e adhérent·e.

Par ailleurs, conserver un lien malgré le départ d’un·e adhérent·e, dans des formes adaptées et notamment dans le cadre des élections professionnelles, permet de maintenir un contact quand c’est possible, pouvant aller jusqu’à la réadhésion.

Nous devons lutter contre la déconnexion progressive de l’adhérent·e à son syndicat.

Pour améliorer nos pratiques militantes, notamment pour ce qui relève de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), les racismes, l’homophobie et les discriminations dans leur ensemble, la CE sera formée aux luttes contre les VSS et contre les racismes et les idées d’extrême droite.

La direction de l’Ugict-CGT travaillera, aux côtés de la Confédération, à la construction d’un dispositif interne de prise en charge des situations de discrimination.

Nous devons également faire connaître l’activité des pôles de l’Ugict-CGT à l’ensemble des Ictam, notamment en faisant coopérer les pôles techs, cadres et autres collectifs revendicatifs thématiques des Ufict avec ceux de l’Ugict-CGT.

Nous devons œuvrer à la reconnaissance des parcours syndicaux dans la pratique des promotions professionnelles. En lien avec le secteur chargé des discriminations à la Confédération, l’Ugict-CGT, via son secteur Droits, libertés, actions juridiques (DLAJ), sollicitera les Ufict et les fédérations à forte concentration d’Ictam pour identifier les bonnes pratiques.

Nous promouvrons également le parrainage syndical et une méthodologie basée sur des vidéos, des tutoriels, des outils, de la cartographie (à partir des outils confédéraux), notamment auprès des Ufict fortement structurées (Fnme, Services publics, Ufcm, Ufc Fapt, etc.).

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