[FICHE 10] Construisons les conditions d’une transformation sociale et écologique juste, garantissant un développement humain durable

Pour en savoir plus


Temps de lecture : 4 minutes

État des lieux

Changement climatique, effondrement de la biodiversité, pollutions : les crises écologiques planétaires induites par le capitalisme menacent nos sociétés et nécessitent une transformation d’ampleur d’un grand nombre d’emplois, tant en termes de finalité que de modes de production, en particulier dans les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre (transports, agriculture, industrie, bâtiment).

 À cet état des lieux s’ajoute l’empreinte environnementale colossale de l’intelligence artificielle générative, sur laquelle nous alertent de nombreux rapports tels que ceux de l’ADEME, de l’INRIA ou du Shift Project. Le développement des IA dans les conditions actuelles s’annonce inconciliable avec des objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris.

Les Ictam revendiquent une transformation écologique juste de leur organisation de travail et des mesures pour sécuriser leurs entreprises et leurs territoires face à ces risques. Elles et ils sont les mieux placé·es pour agir face aux reculs ou renoncements politiques actuels portés par les visées climatosceptiques des courants politiques réactionnaires, dont l’extrême droite.

En l’état, malgré des progrès récents – accès à davantage de transparence sur les impacts environnementaux des activités via la Base de données économiques sociales et environnementales (BDESE), et un Accord national interprofessionnel (ANI) insatisfaisant qui acte la légitimité des syndicats à revendiquer cette transformation écologique -, les Ictam n’ont pas encore les moyens de peser pleinement dans la transformation écologique de leur organisation de travail.

Les conflits que subissent les travailleur·ses entre leurs valeurs personnelles et leurs exigences professionnelles sur les questions environnementales constituent un risque pour leur santé psychique. La reconnaissance et la gestion des conflits éthiques sont cruciales pour améliorer le bien-être des Ictam et faire évoluer positivement la pratique sociétale des entreprises.

 

Enjeux et stratégies syndicales

 En France, la transformation écologique de la société a commencé, mais elle reste encore trop lente et insuffisamment planifiée de manière juste. Elle implique des politiques publiques écologiques ambitieuses et des investissements importants que de nombreuses entreprises refusent encore d’engager au détriment des travailleur·ses et de l’ensemble de la collectivité.

Le patronat s’organise en outre pour faire en sorte que les nouvelles règles relatives à la transparence des données des entreprises – telle que la directive CSRD – soient remises en cause.

La CGT dispose du Radar travail environnement, outil syndical initialement développé par l’Ugict-CGT permettant aux syndicats d’évaluer les politiques de transformation environnementale mises en place dans leur lieu de travail et de combattre l’écoblanchiment (greenwashing).

Il vise à établir un état des lieux factuel de leur stratégie environnementale. L’outil permet aussi de solliciter les propositions alternatives des travailleur·ses qui permettront de faire pression sur les directions pour anticiper les transformations.

Dans le contexte de crise environnementale actuelle, le Radar travail environnement de la CGT est un levier puissant pour faire intervenir les Ictam dans le champ syndical et élever encore le rapport de forces.

Cet outil syndical crée des espaces de discussions et de réflexions qui permettent de prendre en charge les conflits de valeur éthique. Grâce au Radar les travailleur·ses peuvent trouver des solutions collectives, alerter tou·tes ensemble les directions et imposer des alternatives.

 

Orientations

 Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide dans le mandat :

  • De défendre les droits des Ictam et de leurs syndicats de pouvoir agir pour la transformation écologique de leur organisation, en particulier des entreprises, tant sur le plan de la finalité de la production que des modes de production.
  • De militer pour obtenir, sous maîtrise publique, une transformation écologique rapide, en débloquant les investissements nécessaires, et de manière juste, c’est-à-dire en anticipant les formations et reconversions indispensables, dans des conditions économiques, sociales et géographiques équitables. Pour répondre aux exigences de justice sociale il faut des garanties collectives fortes pour les Ictam : dispositifs de sécurisation des reconversions, reconnaissance des qualifications, maintien des droits sociaux, etc.
  • De défendre l’obtention d’un accès complet des Ictam et de leurs syndicats aux données sur les impacts écologiques de l’entreprise et un droit de contribuer activement aux choix effectués par leur organisation en matière de transformation écologique.

 

Actions, méthodes et outils

 Le 20e Congrès de l’Ugict-CGT décide dans le mandat :

  • Avec l’aide des Ufict et des fédérations, de lancer un sondage court auprès des syndicats pour évaluer l’état de la décarbonation dans leurs organisations, notamment au regard des objectifs de neutralité carbone pour 2030-2040-2050, ainsi que la prise en compte des enjeux liés aux emplois, et de communiquer sur les résultats de ce
  • De travailler, notamment au sein d’Eurocadres, à la construction d’une action coordonnée sur le plan européen pour influencer les politiques européennes de transformation écologique de l’industrie, notamment via un « Clean Industry Act », en collaboration des ONG, des collectifs et des think tanks (groupes de réflexion) qui militent pour la mise en place de politiques industrielles justes et durables au niveau européen.
  • De travailler, à partir des ressources fournies par l’Apec et des informations issues des accords collectifs négociés par les Ufict et fédérations concernées, à un état des lieux des conventions collectives dans les secteurs liés à la transformation écologique. L’objectif est de démontrer que l’absence de garanties collectives suffisantes freine, dans certains secteurs (par exemple les énergies renouvelables), les reconversions et recrutements nécessaires.
  • D’organiser une initiative nationale interprofessionnelle pour outiller les militant·es
    Ugict-CGT sur les négociations obligatoires gestion prévisionnelle (GPEC/GEPPMM) afin de leur permettre d’intégrer et anticiper la transformation écologique en faveur des emplois. Étendre cette initiative, si possible, au niveau des branches à l’appui des Ufict.
  • De travailler en lien avec la Confédération à l’amélioration continue et au déploiement de la version 2 du Radar travail et environnement, en organisant tous les deux ans des initiatives de rencontre des syndicats ayant déployé le Radar afin d’évaluer et de valoriser les actions mises en œuvre grâce à cet outil.
  • De renforcer la formation des syndiqué·es sur les enjeux environnementaux, en lien avec l’entrée en vigueur de réglementations européennes (comme la CSRD) exigeant des entreprises davantage d’ambition et de transparence en matière de transformation écologique. Encourager l’utilisation de ces nouveaux outils par les syndicats. Enregistrer et partager les webinaires créés dans le cadre du Radar travail et environnement, et organiser des formations régulières en visioconférence avec des intervenant·es extérieur·es pour approfondir les enjeux écologiques et les leviers d’action des entreprises, par exemple sur les réseaux (énergies, eau, déchets, transports, télécoms). Ces initiatives renforceront la crédibilité et le volontarisme de l’Ugict-CGT en matière de transformation écologique.
  • D’outiller les Ictam sur leurs responsabilités et leviers d’action face au changement climatique par l’élaboration d’un guide détaillant leurs droits et obligations en matière d’adaptation des entreprises au changement climatique, avec un focus sur les conditions de travail et l’anticipation des impacts liés aux fortes chaleurs.
  • Appeler à la participation des Ictam aux rassemblements et manifestations sur les enjeux écologiques en lien avec la société civile, et de profiter de la publication du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’environnement et le climat (GIEC) et des Conférences des parties (COP) pour construire une dynamique

Restez informés


À propos

Voir aussi